BFM Business

Fusion Alstom-Siemens : le veto de Bruxelles semble se préciser

La Commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager.

La Commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager. - ARIS OIKONOMOU / AFP

Selon l'agence Reuters, Bruxelles a pris sa décision et refuse de céder aux pressions.

La Commission européenne va bloquer le projet de rapprochement entre Alstom et Siemens censé créer un champion franco-allemand du ferroviaire, assure ce vendredi l'agence Reuters, citant des sources proches du dossier. Ce veto est motivé par le refus de Siemens de proposer des concessions supplémentaires concernant sa technologie de train à grande vitesse, selon ces sources.
Les remèdes concédés par les deux groupes pour répondre aux inquiétudes de la Commission en termes de concurrence ne sont pas non plus suffisants en matière de signalisation et de matériel roulant. Cette semaine, tant Alstom que Siemens ont pourtant assuré qu'ils ne pouvaient pas aller plus loin, au risque de compromettre l'intérêt même de leur projet.

"Une erreur économique" et "une faute politique"

La Commission européenne devrait rendre sa décision dès le 6 février alors que la date butoir est fixée au 18 février, a dit l'une des sources. Si cette décision se confirmait, la Commissaire à la Concurrence, Margrethe Vestager, prendrait le risque d'affronter les gouvernements français et allemands, Angela Merkel et Emmanuel Macron ayant répété à plusieurs reprise l'intérêt d'une telle fusion à leurs yeux. Le porte-parole du gouvernement français, Benjamin Griveaux, avait martelé ce mercredi, à l'issue du Conseil des ministres, que si Bruxelles retoquait ce mariage, ce serait une "erreur économique" et une "faute politique".

La Commissaire semble pourtant camper sur sa position en barrant la route à l'une des rares alliances industrielles entre la France et l'Allemagne. Si l'échec de cette fusion se confirme, regrette-t-on à Paris et Berlin, la voie sera libre pour le géant chinois CRRC, déjà numéro 1 mondial du ferroviaire.

La rédaction avec Reuters