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Tunnels et routes solaires façonnent les réseaux de transports de demain

Projection studio de l'intérieur du "Solar serpent" (image d'illustration)

Projection studio de l'intérieur du "Solar serpent" (image d'illustration) - Måns Tham

Des routes aux tunnels solaires, les contraintes écolos inspirent de plus en plus les géants du BTP comme les architectes qui tentent de penser la ville et les réseaux de demain.

Les routes à énergie positive sont le défi de demain. La ministre de l'Écologie Ségolène Royal entend d'ailleurs faire de la France un pays précurseur dans ce domaine en se dotant de 1.000 kilomètres de ce type d'équipement à l'horizon 2021.

Aux États-Unis, Måns Tham, un architecte suédois a présenté son projet de "route solaire" en 2010 lors d’une conférence donnée en Californie, à l’Université de Berkeley (Californie). Son invention, baptisée "Solar serpent" se présente comme une coque ressemblant à une peau de serpent, composée de milliers d’écailles photovoltaïques qui viennent recouvrir une route ou une autoroute existante. 

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Outre le fait d'être capable de produire une grande quantité d'énergie, puisque les panneaux solaires ne rencontrent aucune ombre, "Solar serpent" offre, selon Måns Tham, d'autres avantages écologiques.

L'infrastructure - transparente - permet aux automobilistes de continuer à contempler les paysages traversés, mais les protège également des rayons du soleil. Ce qui inciterait donc - comme le souligne le site spécialisé Techniques de l'Ingénieur - les conducteurs à limiter leur usage de la climatisation et donc à réduire à la fois leur consommation de carburant et les émissions de particules polluantes.

Seule ombre au tableau: bien que dévoilé en 2010, "Solar serpent" n'existe toujours qu'à l'état de projet. 

La Belgique possède déjà son "tunnel du soleil"

Plus proche de la France, il faut se rendre en Belgique pour trouver l'équivalent d'un tunnel solaire en fonctionnement. Appelée "tunnel du soleil", cette couverture solaire composée de 16.000 panneaux, mise en service en 2011, est cependant loin d'être design. Et pour cause, cette réalisation n'est pas sortie de l'imagination d'un architecte, mais a été conçue par Infrabel, la société gestionnaire du réseau ferroviaire belge, qui y a investi, avec d'autres partenaires, plus de 18 millions d'euros. 

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Concrètement, quelque 55.000 mètres carrés de toiture solaire recouvrent les trois kilomètres du tracé de la ligne Thalys Paris-Amsterdam traversant le domaine naturel du Peerdsbos. L'ensemble permet de produire annuellement 3.300 mégawattheures d'électricité. Soit de quoi répondre aux besoins quotidiens en énergie de la gare d'Anvers située à quelques kilomètres, de permettre le fonctionnement des panneaux de signalisation à l'intérieur du tunnel et même de fournir suffisamment d'énergie aux trains empruntant cette portion de voie ferrée.

"Wattway", la solution française 

Dans l'Hexagone, Colas - filiale du groupe Bouygues - commercialise depuis peu son revêtement baptisé Wattway. Présentées fin 2015, à l'occasion de la COP21, les dalles conçues par l'entreprise, en partenariat avec l'Institut National de l'Énergie Solaire, se collent sur n'importe quelle route pour la transformer en mini-centrale solaire.

Selon le spécialiste des travaux publics, 1 kilomètre de route permettrait de couvrir les besoins en éclairage d'une ville de 5.000 habitants.

Antonin Moriscot