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Transition énergétique: "il faut plus d’ambitions entre 2015 et 2020"

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La transition énergétique a-t-elle encore une chance ? Pascal Lamy, ancien directeur de l’OMC, et Jean Jouzel, vice-président du GIEC, invités de l’Université Total en partenariat avec BFM Business, ce lundi 25 novembre, en ont débattu.

"J’étais plus optimiste il y a une dizaine d’années", avoue Jean Jouzel, vice-président du GIEC. Réunis à l’occasion de l’Université Total sur la transition énergétique ce lundi 25 novembre, Pascal Lamy et Jean Jouzel ont reconnu que le processus actuel semblait plutôt compromis.

Entre l’objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20% en 2020 et la réalité, "il y a des turbulences" reconnaît Pascal Lamy, ancien directeur de l’OMC. Le bilan plutôt défaitiste de la Conférence climatique de Varsovie, qui s’est terminée vendredi dernier, est encore dans tous les esprits.

"Il faut plus d’ambitions entre 2015 et 2020", appelle Jean Jouzel. Mais de nombreux points sont à régler pour que réussir la transition énergétique, et faire en sorte que la Conférence climatique de Paris en 2015 n’aboutisse pas à un échec.

Comment allier croissance et environnement?

Tout d’abord se pose la question de définir la transition énergétique. "A Bruxelles, il s’agit de décarboner l’énergie. A Washington, il s’agit d’investir dans des technologies novatrices d’extraction d’hydrocarbures. A Pékin, il s’agit de lutter contre la pollution", explique Pascal Lamy.

Il y a donc plusieurs modèles de transition énergétique et tous les pays ne sont pas égaux, aussi bien dans leur production que dans leur consommation.

Pascal Lamy: transition énergétique est un concept valise, "chacun met ce qu'il veut dedans" #UniversitéTotal
— Thibault (@EnergieDevlpmt) 25 Novembre 2013

L’autre question, qui a agité la conférence de Varsovie et sur laquelle revient Pascal Lamy est celle du statut des pays émergents. Difficile, en effet, de convaincre ces derniers de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre tout en alliant croissance et développement économique.

Les pays émergents estiment que le réchauffement climatique est essentiellement dû à l’activité des pays développés, rappelle l’ancien directeur de l’OMC.

Trouver un accord avec tous les acteurs

Selon Pascal Lamy, l’important est de réunir des acteurs publics, de la société civile et surtout du monde de l’entreprise. La transition énergétique doit en effet tenir compte des changements technologiques et de la consommation des industries dans les pays émergents.

"L’énergie est un secteur sous-régulé et sous-gouverné au niveau mondial, comparé à d’autres secteurs comme l’industrie ou l’agriculture", estime Pascal Lamy. De fait, aucun accord global n’existe actuellement sur le sujet.

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Audrey Dufour