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Total va forer au Kurdistan irakien au risque de se mettre l’Irak à dos

Total veut continuer de travailler en Irak, tout en entamant des explorations au Kurdistan irakien.

Total veut continuer de travailler en Irak, tout en entamant des explorations au Kurdistan irakien. - -

Le groupe pétrolier a annoncé le 31 juillet avoir signé un accord pour prendre part à l'exploration pétrolière au Kurdistan irakien. Une annonce qui risque de ne pas être du goût du gouvernement central irakien. Dernière mise à jour le mardi 31 juillet 2012 à 18h43

Bagdad pourrait bien entamer un bras de fer avec Total. Le pétrolier français a annoncé ce mardi avoir signé un accord qui lui permet de forer au Kurdistan irakien. Or le gouvernement irakien avait prévenu en juin que tout contrat avec les compagnies pétrolières serait rendu obsolète si elles en signaient d'autres avec des autorités locales ou régionales.

En filigrane, le gouvernement irakien parle bien des autorités du Kurdistan irakien. La tension entre Bagdad et Erbil est à son comble, chacune des capitales accusant l'autre, en substance, de dilapider les ressources naturelles de leur région. Un conflit économique sur fond d’aspirations indépendantistes kurdes et de tensions entre chiites et sunnites.

Chevron perd ses contrats en Irak à cause de son implantation au Kurdistan iranien

Ainsi, Total marche sur des œufs. Dans son communiqué publié le 30 juillet, la compagnie pétrolière joue l’apaisement. Elle réaffirme "son engagement à contribuer au développement du secteur pétrolier irakien et à investir dans de nouveaux projets". En somme, le groupe français indique à Bagdad qu’il n'investit pas en cachette, qu’il est loyal et qu’il souhaite poursuivre sa collaboration avec le gouvernement central irakien.

Total veut à tout prix éviter de se retrouver dans la situation de Chevron. L'Américain vient en effet de se voir interdire de travailler en Irak, après avoir acquis deux blocs pétroliers au Kurdistan irakien. Une transaction effectuée sans l'approbation de Bagdad.

Si Total est largement moins bien implanté en Irak que les compagnies américaines, le Français ne peut se permettre de se mettre à dos Bagdad, mais souhaite néanmoins collaborer avec la région autonome du nord du pays. Le gouvernement irakien n'a pas tardé à réagir: "Nous considérons ce contrat illégal et anticonstitutionnel, et nous traiterons cette compagnie comme nous avons traité celles qui violent la législation irakienne", a déclaré un porte-parole du vice-Premier ministre irakien chargé de l'Energie, Hussein Chahristani.

Mathieu Sevin et BFMbusiness.com