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Ralentissement de la consommation d’électricité en France

Joel Saget - AFP

Joel Saget - AFP - La consommation d'électricité française a chuté de 6%.

La consommation d’électricité des Français a diminué de 6% en 2014, en raison d'une météo favorable, selon le bilan publié par RTE. L'année passée a aussi été marqué par la poursuite de l'essor des énergies renouvelables.

Le gaz et l’électricité mènent la même lutte. La semaine dernière, GRTgaz, le réseau de transport en France, observait une chute de la consommation. Le nouveau bilan électricité publié mardi par RTE, le réseau de l’intelligence électrique, confirme le phénomène.

La consommation électrique a en effet diminué de 6% en 2014, pour atteindre son niveau le plus bas observé depuis 2002. Un phénomène qui souligne la forte dépendance de la consommation d’électricité aux conditions météorologiques. Cette économie d’énergie est liée à la douceur des températures, puisque 2014 est l’année la plus chaude depuis le début du XXème siècle. "La sensibilité de la consommation à la température demeure de l’ordre de 2.400 MW/°C en hiver" indique le rapport de RTE.

Le contexte de crise économique et les mesures d’efficacité énergétique tendent également à limiter la consommation. Ainsi "après correction de l’effet climatique visant à présenter la consommation électrique dans des conditions météorologiques dites normales, la consommation électrique annuelle de la France recule de 0,4 % en 2014". Ces quatre dernières années, la consommation française a cessé de croître.

Energie fossile versus énergie renouvelable

La diminution de la production thermique à combustible fossile est liée au contexte économique difficile. Elle est en recul de 17,7 TWh (térawatt-heure). Sans compter que les centrales à charbon sont les plus affectées avec une production en baisse de 58% contre 28% pour le gaz. Cette situation s’explique également par la fermeture définitive de centrales à charbon. Ces fermetures successives respectent la réglementation européenne en termes d’émission de CO2 entrée en vigueur le 31 décembre 2014. Alors que la production d’énergie fossile ralentit, celle de l’énergie renouvelable est à son apogée. Celle-ci représente près de 20% de la consommation d’électricité française. Une donnée essentielle à l’approche de la COP21.

En effet, 2014 a été marquée par la production des énergies renouvelables hors hydraulique. L'énergie électrique "dépasse la production d'origine thermique fossile pour la première fois en 2014". La clarification du dispositif réglementaire et les dispositions économiques plus favorables en 2014 ont permis d’augmenter de près de 1.900 MW (mégawatt) les capacités de production éolienne et photovoltaïque.

Baisse des émissions de CO2

Les émissions de CO2 dans la filière électrique ont baissé de plus de 40% en 2014 par rapport en 2013. Elles s’établissent à 19 millions de tonnes équivalent CO2. "Ce phénomène traduit tout l’intérêt des mesures en faveur de la maîtrise de la demande d’énergie". Ce qui montre que "la composition du mix énergétique français confirme son évolution structurelle dans le sens d'une transition énergétique" pour permettre de réduire les émissions de carbone.

Khadria Fouad-Djama