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Quand le smartphone révolutionne le transport scolaire

Grâce à la start-up Ubi Transports, chaque collectivité peut désormais gérer efficacement sa flotte de cars. Plus de systèmes embarqués, place aux smartphones.

Grâce à la start-up Ubi Transports, chaque collectivité peut désormais gérer efficacement sa flotte de cars. Plus de systèmes embarqués, place aux smartphones. - Ubi Transports

L'univers des objets connectés gagne celui du transport. La start-up Ubi Transports innove dans ce domaine en mettant en œuvre des technologies smartphones et tablettes en lieu et place de systèmes embarqués plus traditionnels.

"Je me souviens très bien d'avoir vu à Asnières un bus scolaire circuler quasiment à vide". Partant de cette expérience, de prime abord anecdotique, Jean-Paul Medioni a construit un jour un business model et a lancé Ubi Transports. Il rompt ainsi avec tout ce qui pouvait exister jusqu'à présent dans les transports inter-urbains et en particulier le transport scolaire.

À chaque rentrée, ce sont 4 millions d'élèves qui redeviennent utilisateurs quotidiens des transports collectifs pour rejoindre leur établissement. Ces transports scolaires représentent les trois quarts des budgets des collectivités. En même temps, ils sont souvent le parent pauvre en terme d'innovations technologiques.

Jean-Paul Medioni, qui était ingénieur en systèmes électroniques, a très vite compris qu'il avait la capacité de vulgariser la technologie. C'est ainsi que "2School" a vu le jour. Le principe est simple: oubliées les systèmes embarqués trop pesants, place aux smartphones. Chaque collectivité peut désormais gérer efficacement sa flotte de cars.

Chaque conducteur est donc équipé d'un smartphone. Grâce au positionnement du GPS, les cars peuvent être localisés. Il est possible de connaître en temps réel le nombre de bus scolaires sur les routes, et aussi le nombre de passagers.

Une économie d'au moins 5% à 10%

Chaque élève valide sa carte sans contact. Impossible de ne pas savoir qui est absent à un instant T. Le trajet peut donc même être modifié du matin au soir. Au final: un impact moindre sur l'environnement. Le car peut même éviter certains arrêts. Des collectivités sont ainsi amenées à opter pour un véhicule plus petit que celui utilisé jusqu'à présent. Jean-Paul Medioni, de son côté, affirme que l'économie représente d'emblée 5 à 10% de la facture.

Pour lui, tout a commencé en Saône et Loire avec un premier appel d'offres. Un pilote a été mis en place au sein du Conseil Général. Cette technologie de rupture a gagné aussi la Franche-Comté. Des projets se mettent également en place en Ile-de-France. Et la SNCF a aussi été séduite en région Paca. Il faut dire que le car se substitue parfois à certains trains, et l'outil développé par Ubi Transports permet d'optimiser le service. La société décline d'ailleurs sa solution "2School" à d'autres filières du transport de voyageurs : petits urbains, inter urbain, lignes spéciales, TAD, touristique.

Pas d'équivalent en Europe

La grande force du service: proposer des solutions clés en main depuis le logiciel de données, jusqu'à l'aide à la gestion en passant par la configuration des appareils. Les smartphones peuvent même être contrôlés à distance. Pour Jean-Paul Medioni, l'impact est important aussi en termes de sécurité. Parmi les services proposés, "2SMS", qui prévient les parents par SMS sur les dessertes des points d’arrêts en cas d’imprévus, notamment de problèmes liés aux conditions météorologiques. Par ailleurs, ce système se révèle être une innovation sociale car il crée du lien entre le conducteur et les passagers. Ubi Transports n'a pas d'équivalent en France ni même en Europe. "Nous sommes allés voir en Amérique du nord, nous n'avons pas rien trouvé" ajoute fièrement Jean-Paul Medioni.

Une croissance de 500%

L'entreprise n'en oublie pas pour autant le rôle qu'elle a joué. Elle a mis en place une charte environnementale et poursuit une stratégie "Made in France". Les premiers composants d’identification déployés par l’entreprise ont été importés d’Asie. Puis elle a mis au point sa propre ingénierie technique afin de produire en France son propre "système d’identification embarqué" Ubi Transports compte désormais une douzaine de clients. Parmi eux, des conseils généraux, communes, le groupe Transdev, ou le groupe Keolis. Jean-Paul Medioni ne communique pas sur son chiffre d'affaires mais parle d'une croissance de 500% l'an dernier et vise une progression de 1500% cette année.

Nathalie Croisé