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Prix du gaz: difficile d'y voir clair

La nouvelle formule des prix du gaz prend en compte des éléments externes au coût d'approvisionnement.

La nouvelle formule des prix du gaz prend en compte des éléments externes au coût d'approvisionnement. - -

Des annonces contradictoires sont survenues sur l'évolution des tarifs du gaz, mercredi 22 mai, en provenance de GDF et de la Commission de régulation de de l'énergie. En cause: la réforme complexe de la fixation des tarifs qui vient d'entrer en vigueur.

La nouvelle formule tarifaire, publiée le 17 mai dernier au Journal officiel, rend bien compliquée le calcul des prix du gaz. Mercredi 22 mai, des annonces contradictoires sont ainsi survenues à quelques heures d'intervalles.

Dans un premier temps, selon un audit de la Commission de régulation de l'énergie (CRE), les tarifs devaient repartir à la hausse au mois de juillet, après plusieurs mois de baisse. Dans cet audit, la CRE estimait que la hausse des coûts hors approvisionnement (transport, stockage, distribution de gaz) devrait se traduire par une hausse de 1,6% des tarifs pour les particuliers, si elle était intégralement répercutée.

Mais quelques heures plus tard, le vice-président de GDF Suez, Jean-François Cirelli, a assuré que "les Français qui sont chez GDF Suez ne verront pas d'augmentation de leur facture au 1er juillet", contredisant ainsi l'audit de la CRE.

"C'est la partie canalisation qui augmente un peu mais heureusement, parce que nous avions bien renégocié nos contrats avec nos fournisseurs étrangers, nous pouvons compenser cette hausse", a-t-il précisé. Autrement dit, son entreprise a pu négocier une baisse du coût d'approvisionnement.

Une usine à gaz

Il est vrai que la CRE avait bien précisé dans l'audit qu'elle ne prenait pas en compte la variation mensuelle pour juillet du prix de la molécule de gaz naturel elle-même (c'est-à-dire du coût d'approvisionnement). C'est donc cette variation qui, de facto, annule la hausse des prix.

Dans le nouveau système des tarifs réglementés mis en place par le gouvernement, le prix du gaz en tant que tel évolue mensuellement mais les autres coûts "hors approvisionnement" de GDF Suez sont revus annuellement, au 1er juillet.

Ainsi, après une hausse-rattrapage de 2,4% en janvier, les prix ont reculé de 0,5% en février, de 0,3% en mars, de 0,6% en avril. Restés stables en mai, ils baisseront de 0,6% le 1er juin.

La stabilité de juillet, permise par la détente des marché du gaz et du pétrole sur lequel le tarif est partiellement indexé, est donc une bonne nouvelle de plus pour le consommateur, qui a vu le prix réglementé s'envoler de quelque 80% depuis 2005.

On comprend ainsi combien la nouvelle formule tarifaire rend compliquée toute annonce sur l'évolution des prix, même si la réforme vise à baisser au maximum les tarifs, et redonner un peu de pouvoir d'achat aux Français.

Son but est de rendre le calcul moins dépendant des cours du pétrole, et d'automatiser l'application de cette formule, pour mettre fin aux bras de fer récurrents avec GDF Suez.

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Julien Marion avec AFP