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Polémique autour du coût d'un accident nucléaire

Le coût d'un accident nucléaire (ici Fukushima) pourrait être bien plus lourd qu'annoncé.

Le coût d'un accident nucléaire (ici Fukushima) pourrait être bien plus lourd qu'annoncé. - -

Un rapport de 2007, dont des extraits ont été publiés par le JDD dimanche 10 mars, évalue le coût d'un accident nucléaire majeur jusqu'à 5.800 milliards d'euros. L'auteur du rapport, lui, temporise. Mais les réactions politiques s'enchaînent.

Le sujet du nucléaire divise, jusqu’à son coût. Dimanche 11 mars, les extraits d’un rapport de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), publiés dans le JDD, ont jeté un coup de froid.

En cas d’accident majeur, l’institut chiffrait, en 2007, jusqu’à 5.800 milliards les conséquences économiques du désastre, contre 760 milliards pour un cas de base.

On est donc bien loin des 430 milliards annoncés en février dernier, par l’IRSN lui-même.

L'auteur du rapport évoque "de vieux chiffres rudimentaires"

Du coup, l’institut a directement tenté de désamorcer la polémique naissante. Interrogé par l'AFP, l'économiste Patrick Momal, auteur du rapport qui n'a jamais été publié, a indiqué qu'il s'agissait de "vieux chiffres rudimentaires".

"Nous avions à l'époque utilisé un code rudimentaire ne prévoyant qu'une seule météo, celle prévalant au site de l'accident" a-t-il précisé, ajoutant qu'une nouvelle étude avait été réalisée depuis, avec un code plus élaboré.

Dans cette nouvelle étude rendue publique il y a un mois, l'IRSN avait évalué le coût d'un accident nucléaire similaire à celui survenu en mars 2011 à Fukushima à environ 430 milliards d'euros.

Il s'agissait d'un "cas médian" pour un accident nucléaire majeur avec des rejets radioactifs, a précisé Patrick Momal, avec une fourchette allant de 250 milliards à 1.000 milliards d'euros au maximum pour le scénario le plus grave.

Les écologistes réclament "un audit complémentaire", le ministère réagit

Mais l’article du JDD a tout de même entraîné les réactions des acteurs de ce dossier sensible. Europe-Ecologie-Les Verts a ainsi réclamé "un audit complémentaire indépendant et pluraliste" ce lundi.

De son côté, Greenpeace a demandé à la ministre de l'Ecologie, Delphine Batho, de publier immédiatement l'intégralité du rapport "afin de le verser au débat en cours sur la transition énergétique".

Le ministère de l'Ecologie a, lui, indiqué qu’il était "favorable à la transparence la plus large car elle est un élément fondamental de la sûreté nucléaire".

A la veille du triste anniversaire de la catastrophe de Fukushima, voilà un débat qui risque de durer.

Y.D. & AFP