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Pierre Gadonneix: "racheter de l'énergie à trois fois le prix du marché est du gaspillage"

Pierre Gadonneix, président du Conseil mondial de l'énergie, était l'invité d'Hedwige Chevrillon ce vendredi 20 septembre 2013.

Pierre Gadonneix, président du Conseil mondial de l'énergie, était l'invité d'Hedwige Chevrillon ce vendredi 20 septembre 2013. - -

Le président du Conseil mondial de l'énergie, et ancien patron d’EDF, a replacé, ce vendredi sur BFMBUsiness, le débat hexagonal sur la transition énergétique dans le contexte international.

François Hollande a fixé les objectifs écologiques du gouvernement en ouverture de la deuxième conférence environnementale de son mandat ce vendredi 20 septembre 2013.

L'ancien président d'EDF, Pierre Gadonneix, réagissait à ces propos ce vendredi 20 septembre sur BFM Business. "Les préoccupations en matière de transition énergétique existent partout", reconnaît celui qui met en avant sa vision internationale en raison de sa position au sein du Conseil mondial de l'énergie. Mais "il vaut mieux favoriser des mécanismes qui laissent les différentes technologies en compétition pour favoriser les innovations, plutôt que d'imposer un moyen", ajoute-t-il.

Il rappelle ainsi que les obligations d'achat sur le solaire ont été "extrêmement coûteuses". Choisir la meilleure technologie est "ce qu'il faut faire pour réduire les coûts" martèle-t-il, qualifiant les prix subventionnés de l'énergie de "gaspillage".

Pas de consensus sur le nucléaire

Par ailleurs, le président du Conseil mondial de l'énergie pose comme priorité de fixer des objectifs "révisables dans le temps, en fonction des projets de la technologie, de la situation des ressources énergétiques, de la progression de la croissance". En l'occurrence, la réduction de 50% du nucléaire dans le mix énergétique français d'ici 40 ans "fait partie des sujets sur lesquels il n'y a pas eu de consensus", indique Pierre Gadonneix.

"Même dans les pays les plus libéraux, l'Etat a toujours le dernier mot en ce qui concerne la politique énergétique", admet-il. Mais il rappelle que le nucléaire continue de se développer dans le monde. Or "la France a dans ce domaine des atouts mondialement reconnus, il est donc essentiel de capitaliser dessus, de les valoriser".

Sur la contribution climat énergie en revanche, Pierre Gadonneix constate qu'il y a "un consensus des économistes au niveau mondial pour donner un signal sur le prix au CO2". Mais pour que cette "taxe ne soit pas trop pénalisante au niveau du pouvoir d'achat et de la compétitivité", il faut qu'elle "évolue, à terme, vers un prix objectif du CO2".

Il regrette par ailleurs que ce sujet ne fasse pas l'objet d'objectifs communs au niveau européen. Car "certaines décisions comme les modalités fiscales, les subventions, l'accès au réseau, prises de façon autonomes, induisent des effets totalement pervers".

Nina Godart