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Nucléaire chinois : Luc Oursel ouvert à des transferts de technologies

Luc Oursel considère que les partenariats franco-chinois sur le nucléaire peuvent créer de l'emploi en France

Luc Oursel considère que les partenariats franco-chinois sur le nucléaire peuvent créer de l'emploi en France - -

Dans le Journal du Dimanche, le patron d'Areva, estime que certaines technologies peuvent être partagées avec la Chine, mais qu'il n'en est pas encore question dans l'accord signé entre son groupe, EDF et la Chine.

"Je ne connais pas l'accord dont parle la presse entre EDF et CGNPC" maintient Luc Oursel dans une interview au Journal du Dimanche ce 30 décembre. Pour autant, le patron d'Areva réfute que son groupe ait été "hors-jeu" des négociations sur l'élaboration d'un nouveau réacteur entre la Chine et les acteurs du nucléaire français.

La polémique a éclaté il y a quelques semaines, quand les médias ont publié un accord secret qui aurait été sur le point d'être signé entre l'énergéticien dirigé par Henri Proglio et China Guandong Nuclear Power Group, le groupe publique chinois d'énergie nucléaire. Cet document prévoyait des transferts de technologies stratégiques à la Chine. Il actait en outre la co-conception d'un réacteur de 1000 megawatt qui aurait été en concurrence directe avec l'Atmea d'Areva. Bercy a confirmé l'ouverture d'une enquête sur cette affaire.

Des transferts de technologies au cas par cas

Luc Oursel admet qu'il y a bien un accord, mais dont Areva fait partie. Il prévoit selon lui "une phase de concertation pour l'étude d'un nouveau modèle de réacteur de troisième génération" qui devra "converger vers notre réacteur 'maison' [Atmea]". Par ailleurs, le président d'Areva assure que les relations avec EDF, connues pour être délétères sous la présidence d'Anne Lauvergeon, "se sont considérablement améliorées depuis dix-huit mois".

Quant aux transferts de technologies à la Chine, "nous n'en sommes pas là", affirme l'actuel dirigeant d'Areva. Mais il n'est pas contre par principe. "Certaines technologies peuvent être partagées", considère-t-il, tant que chaque décision est prise "au cas par cas". Il cite en exemple la transmission de plans de "centrales aux Chinois pour qu'ils construisent les leurs" : "mais l'accord stipulait qu'ils n'avaient pas le droit de les utiliser à l'export", assure-t-il.

Luc Oursel rappelle ensuite combien la Chine tient une "place majeure" dans l'industrie nucléaire. Il affirme que d'ici trente ans, le pays "pèsera pour la moitié du marché mondial des nouveaux réacteurs". Et l'implication des groupes français là-bas est une bonne chose puisque selon lui, "si nous les aidons à construire leurs centrales, il y aura de nouveaux emplois créés en France".

Nina Godart