BFM Business

Moscou vend pour la première fois du gaz aux enchères aux Européens

Gazprom diversifie son offre

Gazprom diversifie son offre - Yuri Kadobnov - AFP

Gazprom a annoncé ce lundi 7 septembre avoirs mis le marché 3,24 milliards de mètres cubes aux enchères, rapporte l'agence suisse AWP. Le géant russe estime que ce système de vente lui permet de compléter son système de contrat à long terme.

Gazprom innove. L'entreprise publique russe a en effet commencé ce lundi 7 septembre à vendre aux enchères du gaz à l'Europe, rapporte l'agence suisse AWP.

"Le marché européen du gaz change constamment et, face à ces difficultés, nous voulons tester cette nouvelle forme de commerce du gaz et voir quels avantages ils peuvent apporter au vendeur et aux acheteurs", a commenté Alexandre Medvedev, cité par l'agence.

Le géant du gaz met ainsi pour la première fois sur le marché 3,24 milliards de mètres cubes de gaz répartis en 127 lots pour livraison dans le nord-ouest de l'Europe pendant l'hiver, explique AWP.

Une goutte d'eau certes au vue des exportations totales de Gazprom, qui devraient s'élever à 158 milliards de mètres cubes. Mais l'agence suisse note toutefois que ce volume restreint s'apparente à "un embryon de Bourse du gaz" qui représente "une évolution très symbolique" pour Gazprom.

Des contrats à long terme controversés

Le géant russe passait jusque-là exclusivement par un système de contrats de long terme indexés aux cours du pétrole, avec ses fournisseurs européens. Une offre censée, selon Gazprom, "apporter aux clients la sécurité des approvisionnements tout en lui permettant d'investir à long terme dans les infrastructures", rappelle l'agence helvétique.

Sauf que ce type de contrat est désormais dans le collimateur de Bruxelles. La Commission européenne estime en effet que la forme de ces contrats permet à Gazprom de profiter et d'abuser de sa position dominante dans plusieurs pays d'Europe centrale et orientale.

En avril dernier, Bruxelles avait ainsi effectué une communication de griefs auprès du géant gazier, qui peut ensuite aboutir à une lourde amende (jusqu'à 10% du chiffre d'affaires du groupe, évalué à 93 milliards d'euros).

J.M.