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Lévy (EDF): "J’ai vraiment bon espoir que, fin 2018, l’EPR de Flamanville soit prêt"

Jean-Bernard Lévy a répondu aux questions de Stéphane Soumier sur BFM Business.

Jean-Bernard Lévy a répondu aux questions de Stéphane Soumier sur BFM Business. - BFM Business

"Le PDG d'EDF assure croire dans l'aboutissement des travaux de l'EPR de Flamanville d'ici à la fin 2018. Il explique (en partie) les difficultés rencontrées jusque là par une perte de compétences, liée au fait qu'EDF n'a pas construit de centrale pendant dix ans."

Rassurer, tel était l’objectif de Jean-Bernard Lévy, le PDG d’EDF sur BFM Business ce jeudi matin. Dans un contexte de doute face au succès du chantier de l’EPR de Flamanville, il assure ne pas croire que cet EPR puisse mettre EDF en danger. "J’ai vraiment bon espoir que, fin 2018, l’EPR de Flamanville sera prêt (…) Je fais confiance à tous nos ingénieurs, et ceux de nos partenaires", déclare-t-il.

La finalisation du chantier du réacteur de Flamanville accuse déjà un retard de plus de six ans. Le couvercle et la cuve du réacteur présentent des anomalies. EDF et Areva ont d’ailleurs décidé début avril d’étendre leur programme d’essais à ce propos.

"Nous avons perdu des compétences"

Le projet suscite donc des inquiétudes. Mais Jean-Bernard Lévy affirme: "C’est une technologie d’un côté, un chantier de l’autre. Les difficultés d’un chantier ce n’est pas des difficultés de la technologie. Il faut distinguer la conception du produit et la réalisation du chantier".

Selon lui, "les difficultés à Flamanville sont en partie liées au fait que pendant dix ans nous (EDF, ndlr) n’avons pas construit de centrale nucléaire". "Nous avons perdu des compétences", reconnaît-il.

EDF suscite des inquiétudes sur la pérennité de son modèle économique, d’autant qu’elle engage encore de colossaux investissements pour entamer un nouveau chantier à Hinkley Point. Le groupe a déjà investi 14 milliards d’euros dans la technologie EPR, soit 58% de ses capitaux propres. Mais aujourd'hui, les observateurs s'interrogent: la technologie EPR est-elle au point? Le chantier est-il correctement géré? Peut-on respecter les délais à l’avenir? "Hinkley Point, aujourd’hui, est un dossier qui est mûr", soutient Jean-Bernard Lévy.

"Ce discours n’est pas un discours industriel"

En désaccord avec la stratégie du PDG, notamment sur Hinkley Point, le directeur financier d’EDF a démissionné le mois dernier. Thomas Piquemal posait la question: "Qui parierait 60% ou 70% de son patrimoine sur une technologie dont on ne sait toujours pas si elle fonctionne?" 

"Ce discours n’est pas un discours industriel, moi je suis à la tête d’un entreprise industrielle, une entreprise de technologie, une entreprise qui développe des solutions innovantes (…) Je regrette qu’il ne soit pas resté pour se battre avec moi pour EDF", répond Jean-Bernard Lévy.

EDF a annoncé le 22 avril dernier un plan de réduction de ses dépenses. Jean-Bernard Lévy explique: "Il va y avoir des efforts d’économies d’EDF, des efforts de réduction des actifs et un effort des actionnaires, au premier rang desquels l’État, pour recapitaliser EDF et que nous puissions avoir une structure financière saine qui nous permette de faire tous nos investissements". Mais pour l'instant, ce plan ne prévoit qu'une économie de l'ordre du milliard d'euros par l'entreprise.

Adeline Raynal