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Les vraies raisons qui expliquent la flambée de l'essence à la pompe

Ce sont les taxes et la marge croissante des stations-service qui expliqueraient la hausse à la pompe.

Est-on à la veille d’un choc pétrolier ? Alors que Donald Trump vient d’annoncer le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, on craint une flambée des cours du pétrole. Car la République islamique est un des principaux producteurs de pétrole de la planète et on craint que cette décision accentue encore la pression sur les prix.

Et les Français l’ont constaté, depuis plusieurs mois, le prix du carburant flambe à la pompe. Le sans plomb a pris 14 centimes depuis novembre et le gazole près de 20 centimes ! Sauf que l’Iran n’a rien à voir là-dedans…

L'euro compense la hausse des cours

Parce que si le prix du brut a bien augmenté depuis 2014 c’est d’abord parce que la croissance mondiale est repartie à la hausse et avec elle un appétit croissant pour le pétrole.

Ensuite, si les investisseurs ont anticipé la décision de Donald Trump, il faut relativiser le poids de l’Iran. Si demain le pays venait à fermer son robinet ce serait 1% de la production mondiale qui disparaîtrait. Pas la fin du monde.

Et enfin parce que la baisse de l'offre au niveau mondial s'explique surtout par la chute de la production du Venezuela à l'économie en décrépitude.

Et de toute façon cette hausse des cours du brut est presque entièrement compensée par la hausse de l’euro. Bref il faut chercher ailleurs l'explication de la hausse des prix à la pompe.

Hausse des taxes et de la marge

Et c'est du côté de l’Etat et des distributeurs -les stations-service- qu'il faut se tourner selon l’Association de défense des consommateurs CLCV. Il y a en effet deux raisons qui expliquent la flambée à la pompe:

-La première ce sont les taxes qui ont explosé avec la hausse de la contribution climat énergie. Et principalement sur le diesel (hausse de 12% des taxes) que l’Etat veut rendre moins attrayant.

-La seconde raison de la flambée, selon l’association, c’est la marge croissante des distributeurs. Il faut savoir qu’historiquement en France cette marge est plus faible qu’ailleurs en Europe grâce aux grandes surfaces qui ont fait du carburant un produit d’appel. Mais avec l’effondrement du nombre de stations-service (divisé par 4 en France depuis 1980 alors que le parc automobile a presque doublé), il y a de moins en moins de concurrence notamment en zone rurale. Celles qui restent ont donc tendance à augmenter leurs marges qui seraient passées en un an de 11 à 14 centimes par litres. Ce qui n’est pas une bonne nouvelle pour le pouvoir d’achat des Français.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco