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Le Japon prêt à redémarrer l'un de ses réacteurs nucléaires

La compagnie japonaise Kyushu Electric Power a annoncé, ce 7 juillet, le début des opérations de chargement en combustible du réacteur nucléaire Sendai 1. Sa remise en service est prévue pour le mois d'août, ce qui constituera une première depuis Fukushima.

Le Japon veut vaincre son "traumatisme nucléaire". Pour la première fois depuis la catastrophe de Fukushima, un réacteur va être remis en service. Inspectée par l'Autorité indépendante de régulation du secteur, la centrale de Sendai, située dans le sud-ouest du pays, a été jugée "sûre". Ainsi les opérations d'alimentation du réacteur ont commencé ce mardi. Pendant 96 heures, non-stop, 157 barres de combustible nucléaire vont être glissées dans le cœur du réacteur numéro 1. Ce "réarmement" constitue la première étape de la remise en service de cette installation qui devrait intervenir au mois d'août.

Avant le 11 mars 2011, date de la catastrophe de Fukushima, l'archipel comptait 54 réacteurs nucléaires, assurant un quart de la production électrique du pays. A la suite de cet évènement, le gouvernement nippon a été contraint de mettre en sommeil l'ensemble de son parc nucléaire. Le pays est depuis forcé d'importer de l'énergie, ce qui creuse sa balance commerciale. Aussi, le gouvernement conservateur et son Premier ministre, Shinzo Abe, souhaitent redémarrer progressivement certaines installations. 

Cinq centrales pourraient reprendre du service

Kyushu Electric Power, l'opérateur en charge de la centrale de Sendai, espère que d'ici à quelques semaines, le réacteur numéro 2 soit également déclaré apte à reprendre du service. Au total, cinq réacteurs pourraient alors être réactivés. Trois autres unités réparties dans l'ouest et dans le sud-est du pays (Takahama 3 et 4, Ikata 3) ont également été jugées conformes aux nouveaux standards de sûreté, décrétés après le tsunami.

Des impératifs techniques qui visent à assurer une meilleure protection des installations atomiques, des personnes et de l'environnement alentour face aux risques de catastrophe naturelle, d'attaque terroriste ou de crash d'avion. 

Les Japonais faiblement mobilisés 

A la suite de cette annonce, les organisations antinucléaires internationales sont montées au créneau. Elles dénoncent toujours des lacunes dans la prise en compte des risques sismiques. D'ailleurs, plusieurs décisions de justice leur donnent raison et bloquent des demandes de remise en service sur d'autres îles de l'archipel.

L'organisation Greenpeace, en Allemagne, s'est exprimée par la voix de son spécialiste allemand en nucléaire, Shaun Burnie. Qui estime que "les principaux fondamentaux de la sûreté nucléaire et de la protection de la santé publique" ne sont pris en compte ni par le gouvernement, ni par les autorités compétentes, ni par les opérateurs. Quant aux Japonais, si la majorité des citoyens semble toujours opposée à l'énergie atomique, la mobilisation des populations contre la remise en service des centrales nucléaires est extrêmement faible. Au grand dam des organisations écologistes. 

A.M.