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La transition énergétique: "une nécessité économique et une préoccupation environnementale"

Plus de 80% des Français considèrent que cette transition aura un impact positif.

Plus de 80% des Français considèrent que cette transition aura un impact positif. - -

Une majorité des Français est favorable à la transition énergétique. Leur priorité? La réduction de la consommation d'énergie, affirme Stéphane Rozès, président du cabinet CAP.

L'idée de la transition énergétique a visiblement évolué dans l'esprit des Français. Pour 70% d'entre-eux, il s'agit d'une urgence, explique Stéphane Rozès, président du cabinet de conseil CAP. Si la synthèse entre objectifs économiques et nécessité de préserver l'environnement est au rendez-vous, les citoyens sont prêts à lancer, affirme-t-il. Avec comme priorité, la réduction de leur consommation d'énergie.

On mesure l'avancée des mentalités quand on sait que, en janvier 2013, alors que le débat était lancé, à peine 1 Français sur 5 affirmait avoir entendu parler du sujet. C'est ce qui ressortait alors d'une étude menée par Ipsos pour le Syndicat des Énergies Renouvelables, le SER. Dans le même temps, ils étaient 80% à juger importante la tenue d'un débat.

Quelques mois plus tard, c'est à peu près le même chiffre que l'on retrouvait dans un sondage publié par la Fondation européenne pour le climat, partenaire de la Fondation Nicolas Hulot, et réalisé avec le Conseil économique, social et environnemental et l'Institut de sondage Harris Interactive. Il allait même plus loin: pour 85% des citoyens français, la transition énergétique est une urgence. Et les citoyens aussi bien que les entreprises y réfléchissent en termes économiques.

Plus de 80% d'entre eux considèrent que cette transition aura un impact positif. Elle est un facteur potentiel d’innovation technologique (88%), de nouveaux marchés (78%), et d’attractivité pour les entreprises françaises (69%). Mais la démarche de l’État n'est pas nécessairement celle qui donne le plus envie aux citoyens de s'impliquer.

La moitié des Français font confiance aux collectivités locales, 36% à l’Union Européenne et 25% au gouvernement pour assurer la transition énergétique. Le débat hexagonal n'aura peut-être donc eu l'effet escompté.

La fiscalité écologique, sujet sensible

En tout état de cause, si les Français pensent qu'il est nécessaire d'avancer sur le sujet ils ne sont pas disposés à mettre la main au portefeuille ou du moins à payer plus d'impôts.

L’urgence écologique ne justifie pas la mise en œuvre d’une fiscalité dédiée pour 57% des Français selon un sondage OpinionWay publié le 19 septembre dernier. Et cela ne date pas d'hier. Avant la première conférence environnementale, ils n'étaient que 8% à souhaiter que l'on parle de fiscalité écologique selon une étude Ifop pour le WWF et Rassemblement pour la planète. Le raz le bol fiscal est de plus en plus profond.

Pour apaiser le débat, le président François Hollande a annoncé prudemment la mise en place de la contribution climat énergie. Il parle d'un bonus pour ceux qui seraient les plus vertueux et surtout de ne pas ajouter un impôt supplémentaire. Les précisions sur cette taxe se font encore attendre. Et le projet de loi sur la transition énergétique ne verra finalement pas le jour avant l'année prochaine.

Nathalie Croisé de BFM Business