BFM Business

La Suisse inaugure la première usine capable de transformer le CO2

Une entreprise suisse a mis au point un étonnant ventilateur permettant de capturer et de transformer le dioxyde de carbone. Après traitement, le CO2 ainsi récupéré est utilisé comme fertilisant dans les champs avoisinants.

À défaut d'avoir trouvé la solution contre le réchauffement climatique, la Suisse détient désormais une technologie inédite permettant de lutter contre ce phénomène. Développée par l'entreprise Climeworks, la première usine au monde capable de capturer le dioxyde de carbone (CO2) vient de voir le jour dans la ville de Hinwill.

Située sur le toit de l'incinérateur de cette bourgade, l'installation, mesurant 12 mètres de hauteur, est constitué d'un empilement de 18 gros ventilateurs. Fonctionnant suivant la technique dite de "capture de l'air directe", l'ensemble aspire l'air ambiant. En traversant les turbines, le dioxyde de carbone contenu dans l'atmosphère se trouve piégé dans des filtres, agissant comme des éponges, qui tapissent chaque unité. 

Schéma de fonctionnement de l'installation Climeworks
Schéma de fonctionnement de l'installation Climeworks © Climeworks

Les particules de CO2 ainsi récupérées sont ensuite chauffées à une température de 100°C afin de rendre le dioxyde de carbone solide, autorisant ainsi son exploitation. Une partie du CO2 récupéré est ensuite stocké sous terre, le reste est revendu à des industriels ainsi qu'aux exploitations agricoles voisines qui peuvent l'utiliser comme fertilisant.Selon un communiqué de l'entreprise, le dioxyde de carbone utilisé sous forme d'engrais "permet d'augmenter la croissance des laitues et autres légumes de 20%". 

Un investissement conséquent 

L'usine installée à Hinwill devrait permettre de capturer 900 tonnes de CO2 par an, selon ses concepteurs, soit l'équivalent des émissions de 200 voitures. D'ici à 2025, ils souhaitent capturer 1% du dioxyde de carbone émis sur la planète. Pour y parvenir, il faudrait installer dans le monde près de 750.000 usines de capture du CO2. Ce qui représente un investissement particulièrement conséquent: chaque installation coûtant actuellement près de 2 millions d'euros. 

"Si nous voulons respecter l'Accord de Paris sur le climat, nous avons besoin de commencer à développer ces technologies mais aussi de les améliorer et de les mettre en œuvre à plus grande échelle. Pour y parvenir, nous devons réduire nos coûts en recherche et avoir une base clientèle plus large" indique auprès de Vice News, Jan Wurzbacher, le fondateur de Climeworks. 

Antonin Moriscot avec Marie-Caroline Meijer