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La recette d'Audi pour rendre le diesel (presque) aussi propre que l’électricité

Le constructeur allemand Audi développe un carburant de synthèse, appelé "e-diesel" censé être aussi propre que l'électricité. (image d'illustration)

Le constructeur allemand Audi développe un carburant de synthèse, appelé "e-diesel" censé être aussi propre que l'électricité. (image d'illustration) - Brendan Smialowski - AFP

Le constructeur automobile allemand a choisi d’installer en Suisse sa première unité de fabrication d’"e-diesel". L’entreprise espère produire annuellement 400.000 litres de ce nouveau carburant de synthèse.

Audi se lance dans la construction d'une véritable usine à gaz. La firme d'Ingolstadt (Bavière), dont les ingénieurs travaillent depuis 2014 à la création d'une nouvelle génération de carburants censés être moins polluants, a décidé de passer du stade expérimental à une phase de pré-industrialisation.

En association avec l'opérateur Sunfire, le constructeur fabrique déjà depuis deux ans son propre carburant baptisé "e-diesel". Située dans la région de Dresde (Saxe), leur unité expérimentale a produit environ 4000 litres par an de ce combustible obtenu à partir d'eau, d'hydrogène et de dioxyde de carbone. Une toute petite quantité qui ne suffit plus à Audi.

La marque automobile allemande souhaite désormais produire cent fois plus de "diesel propre". Pour ce faire, le constructeur aux anneaux a décidé de construire une raffinerie écolo dans la ville suisse de Laufenberg. 

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Située dans le canton d'Argovie, cette bourgade, traversée par le Rhin, a été retenue par Audi car le fleuve va permettre à l'entreprise de produire sa propre électricité. Un "ingrédient" indispensable à la fabrication de son "e-diesel" qui s'appuie sur le principe du "power-to-liquid". En d'autres termes, ce sont les énergies renouvelables qui donnent naissance au carburant. 

Pour obtenir un litre d'"e-diesel" les ingénieurs d'Audi mettent en oeuvre plusieurs réactions chimiques et physiques. L'électricité produite par la centrale hydroélectrique sert à produire, par électrolyse de l'eau, de l'oxygène et de l'hydrogène. Un carburant notamment utilisé pour alimenter les piles à combustible équipant certains véhicules électriques des marques Mercedes, Toyota ou encore Hyundai.

En maîtrisant la fabrication de l'hydrogène, Audi possède donc une longueur d'avance sur ses concurrents, dépendants de groupes gaziers et pétroliers pour la fourniture de carburant. Or, les plans de l'entreprise en matière de développement des véhicules électriques restent timides, et Audi ne compte pas se lancer dans la production de modèles à pile à combustible, privilégiant cette solution bien plus complexe d'e-diesel.

Très attachée au moteur à explosion, la marque aux anneaux préfère en effet faire réagir l'hydrogène maison avec du dioxyde de carbone (CO2) pour, après raffinage, donner naissance au diesel propre.

Mélangé au sein d'un réservoir avec du gazole "classique", ce carburant de synthèse permettrait de réduire les rejets de dioxyde de carbone émis par les véhicules l'utilisant. Comme le soulignent nos confères du magazine Flottes Automobiles, cette invention va dans le sens du programme de réhabilitation du diesel défendu par les autorités allemandes

Antonin Moriscot Journaliste BFMTV