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La première hydrolienne flottante installée dans la Garonne 

L'hydrolienne H3 est la première hydrolienne flottante mise à l'eau en France.

L'hydrolienne H3 est la première hydrolienne flottante mise à l'eau en France. - Capture France 3 Aquitaine

Les tests de l'hydrolienne H3 viennent de démarrer à Bordeaux. L'appareil, conçu par une PME locale, a été immergé le 30 juillet dans la Garonne, sous le pont d'Aquitaine.

Avec son prototype "H3", la PME bordelaise Hydrotube Energie entend se lancer dans l’aventure de l’hydrolien fluvial et non pas maritime. La société, dirigée par Franck Jouanny, ancien équipier du navigateur Marc Pajot, ne vise cependant pas le marché français, mais est tournée vers l’Afrique. 

L’appareil, entièrement conçu et fabriqué sur le site du chantier naval français CNB, grâce au soutien de la région Aquitaine, vient d'entrer dans une phase de tests en conditions réelles. L’hydrolienne, installée non pas au fond de l'eau, mais immergée au moyen de flotteurs, pèse près de 5 tonnes et mesure 10 mètres de longueur pour 4,5 mètres de largeur a donc pris place dans la Garonne. Un choix lié à des caractéristiques bien précises.

La vitesse de courant de ce fleuve varie en effet entre 0,5 mètre/seconde et 2,5 m/s. Ce qui, selon Gildas Gérard, l’un des ingénieurs du projet, fait de ce site "un laboratoire exceptionnel pour éprouver la résistance de la machine". Auprès de l’AFP, il précise encore que "le débit de la Garonne correspond à une puissance variant de 0 à 45 kW. Dans ces conditions, H3, devrait produire entre 5 et 20 kW".

Une technologie dédiée à l'Afrique de l'Ouest 

Même si elle est testée en France, l’hydrolienne H3 n’a pas vocation à éclairer l’Hexagone. Selon la PME, le débit des fleuves français est trop faible. A titre de comparaison, Gildas Gérard oppose la Garonne au Congo, fleuve africain plus puissant qui lui aussi se jette dans l'océan Atlantique. "Une seule hydrolienne peut approvisionner 12 personnes en Gironde contre 2.000 au Congo" précise-t-il. 

Le président d'Hydrotube Energie ne cache pas son attrait pour le continent africain. Il assure même que "plusieurs pays comme la Côte d'Ivoire sont prêts à acheter" l'hydrolienne H3. D'autres pays comme le Congo et le Bénin observent eux avec attention le projet. "La demande d'énergie en Afrique est très forte. Il nous faut continuer à expérimenter et à fiabiliser notre hydrolienne". 

Côté finances, le coût de la machine est actuellement évalué entre 80.000 et 100.000 euros, mais une fois le cap de l'industrialisation passé, il pourrait baisser significativement et se situer entre 50.000 et 60.000 euros. 

Antonin Moriscot