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Japon: une nouvelle ministre de l'Energie pour relancer le nucléaire

Yuko Obuchi, nouvelle ministre de l'Economie, du Commerce et de l'Industrie, devra s'emparer du dossier de la relance du nucléaire.

Yuko Obuchi, nouvelle ministre de l'Economie, du Commerce et de l'Industrie, devra s'emparer du dossier de la relance du nucléaire. - TOSHIFUMI KITAMURA-AFP

A la faveur d'un remaniement au Japon, une nouvelle ministre de l'Industrie a été nommée. Elle devra s'emparer du dossier de la relance du nucléaire.

20 mois après son élection à la tête du pays, le Premier ministre Shinzo Abe a remanié son gouvernement mercredi. Au très grand ministère de l'Economie, du Commerce et de l'Industrie, le Meti, jusqu'à présent toujours occupé par des vétérans, il a nommé une jeune mère de 40 ans: Yuko Obuchi.

La mission d'ampleur de celle qui, comme le chef du gouvernement conservateur, est une partisane de l'énergie atomique: prendre à bras-le-corps le dossier du nucléaire, dans un pays doté de 48 réacteurs, tous à l'arrêt depuis la catastrophe de Fukushima en 2011.

Des Japonais échaudés

Yuko Obuchi devra convaincre des Japonais échaudés de l'impossibilité de se passer du nucléaire. Les populations et municipalités riveraines des centrales restent actuellement totalement opposées à leur réactivation.

Mais la jeune ministre est déterminée: "dans le cas où l'autorité nucléaire jugerait que des installations sont en conformité avec les nouveaux standards, nous avons l'intention de réactiver les réacteurs concernés", a-t-elle déjà affirmé. 

Le prix très bas de l'uranium 

Une bonne nouvelle pour Areva: le Japon est un des principaux clients de l'uranium produit par l'énergéticien français. Actuellement, le prix de la matière première de l'industrie nucléaire est à un très bas niveau. Il est passé de plus de 50 dollars au lendemain de Fukushima, à un peu plus 32 dollars aujourd'hui. Ce qui rend l'extraction bien moins rentable.

Dans ces conditions, Areva, à l'instar de nombre d'industriels du secteur, a mis certains sites à l'arrêt, comme la mine géante d'Imouraren au Niger. Entre autres facteurs comme la mise en services de centrales chinoises, la reprise du nucléaire japonais créerait un climat propice à l'extraction, souligne une source proche du dossier.

Le géant français du nucléaire a signé en janvier 2009 un contrat de dix ans pour exploiter Imouraren, et il a déjà dépensé près de 2 milliards d'euros sur ce site. Il lui reste donc un peu plus de quatre ans pour en extraire enfin de l'uranium. Niamey, lassée d'attendre les recettes fiscales sur cette production, pourrait à terme choisir un autre industriel pour exploiter le site. Par exemple des Chinois, dont la présence au Niger ne cesse de croître, ces dernières années.

Nina Godart