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Isabelle Kocher devient la première Française patronne du CAC40

"L'actuelle directrice générale déléguée d'Engie va succéder à Gérard Mestrallet ce mardi 3 mai à la direction générale du groupe, lors d'une assemblée générale des actionnaires. Elle va très vite imprimer sa marque et s'atteler au redressement de l'entreprise."

Jour J pour Isabelle Kocher. L'actuelle directrice générale déléguée d'Engie va être intronisée à la tête du groupe énergétique à l'issue de l'assemblée générale des actionnaires ce mardi 3 mai. La normalienne et ancienne élève de l'école des mines va ainsi devenir la première femme à diriger une entreprise du CAC40, si l'on fait exception du court passage de l'Américaine Patricia Russo à la tête d'Alcatel-Lucent entre 2006 et 2007.

Un couronnement qui récompense d'une certaine façon la patience d'Isabelle Kocher dont l'adoubement avait été annoncé depuis fin 2014. Âgée de 49 ans, Isabelle Kocher va devoir imprimer sa marque au sein du groupe énergétique et montrer qu'elle est bien la patronne du géant de l'énergie.

Encadrée par Mestrallet?

En effet, en février dernier, Gérard Mestrallet avait finalement annoncé qu'il resterait président non exécutif d'Engie, alors qu'il avait précédemment assuré qu'il quitterait tout mandat au sein de l'entreprise en 2016. Ce qui au passage prive Isabelle Kocher du poste de PDG puisqu'elle ne devient donc "que" directrice générale.

Cette annonce avait été perçue comme la volonté de Gérard Mestrallet de garder un pied dans l'opérationnel et ainsi de conserver une certaine emprise sur Isabelle Kocher qui n'aurait ainsi pas les coudées franches pour diriger Engie. "C'est très clair c'est elle qui va diriger", assure toutefois l'un de ses proches aux Échos.

Elle devrait d'ailleurs le manifester clairement en annonçant dans la foulée de sa nomination une nouvelle équipe dirigeante. Le JDD rapportait ainsi dimanche, qu'elle avait commencé à évincer les "Mestrallet Boys", en remerciant Willem Van Twembeke, responsable de l'international et Jérôme Tolot, en charge de la branche énergie et services. À l'inverse, Thierry Leperc, fondateur de la PME Solairedirect, devrait lui entrer au comité de direction.

Redresser Engie

Mais au-delà de la guerre de pouvoir, Isabelle Kocher va surtout devoir redresser un groupe qui fait face à un environnement délicat, entre baisse de la demande, chute des prix de l'énergie et concurrence forte sur les énergies vertes.

L'an dernier Engie a encore accusé une perte de 2,6 milliards d'euros, invoquant "un contexte de prix de marché extrêmement difficile". Isabelle Kocher s'est donnée trois ans pour redresser la barre et mener à bien un plan de transformation visant à faire d'Engie un leader dans la transition énergétique.

J.M.