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Hulot: "La fermeture de Fessenheim aura lieu dans la concertation"

Nicolas Hulot a reconnu une "divergence de vision" avec Emmanuel Macron

Nicolas Hulot a reconnu une "divergence de vision" avec Emmanuel Macron - BFTMV

Invité au 20h de France 2, le nouveau ministre de la Transition énergique et solidaire a confirmé la fermeture de la centrale nucléaire alsacienne. Il a aussi affirmé que "l'on ne pourra se passer demain matin du nucléaire".

Les interrogations qui entourent la nomination de Nicolas Hulot sont nombreuses. Les questions sur le dossier du nucléaire ont notamment fait plonger en Bourse l'action EDF, mercredi.

Invité de France 2 ce jeudi 18 mai, le nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire a eu l'occasion de préciser les choses. Il a notamment confirmé la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim.

"C'était le dernier acte politique de Ségolène Royal (ministre de l'Écologie jusqu'à mercredi dernier, ndlr) et j'ai promis de préserver l'acquis de Ségolène Royal et donc elle aura lieu (la fermeture, ndlr) dans la concertation", a-t-il déclaré.

"Un chemin commun" avec Macron

Le décret publié en avril acte effectivement "l'abrogation de l'autorisation d'exploitation" de la centrale alsacienne. Mais ce texte conditionne cette abrogation à la mise en service de l'EPR de Flamanville et lie également la fermeture à la nécessité de respecter le plafond de capacité du parc de réacteurs nucléaires d'EDF, à 63,2 gigawatts.

Nicolas Hulot a également été invité à s'exprimer sur les divergences qu'il a pu avoir par le passé avec Emmanuel Macron au sujet de l'avenir du nucléaire. Si le président de la République a souvent assuré durant la campagne que cette énergie "avait un avenir en France", son nouveau ministre avait lui déclaré, il y a un peu plus d'un an, qu'elle "faisait partie du monde de demain".

"On a probablement sur la vision une divergence mais il y a un chemin commun. Et ce qui est très important et qui a été acté dans la loi de transition énergétique, c'est de rééquilibrer les choses", a affirmé ce jeudi Nicolas Hulot. 

"Il faut planifier la transition"

La loi de transition énergétique fixe en effet comme cap une part du nucléaire à 50% dans la production d'électricité, contre 75% à l'heure actuelle.

"La démonstration se fera peut-être, chemin faisant, que l'on peut aller plus loin que 50% ou qu'au contraire le développement des énergies renouvelables est plus lent que prévu. Ce qui est important c'est de baisser cette part, pas pour des raisons dogmatiques, car il en est de l'énergie comme de beaucoup de domaines: mettre ses œufs dans le même panier n'est pas une bonne chose", a-t-il poursuivi.

Avant de conclure: "Le nucléaire qu'on soit pour ou contre de toute façon on ne peut pas s'en passer demain matin. Il faut planifier la transition. Derrière le nucléaire, il y a des hommes et de femmes et donc les choses ne vont pas se dicter comme cela, il faut avoir une vision".

J.M.