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EPR britannique: les opposants saisissent la justice européenne

Maquette du futur complexe nucléaire d'Hinkley Point au Royaume-Uni. (photo d'illustration)

Maquette du futur complexe nucléaire d'Hinkley Point au Royaume-Uni. (photo d'illustration) - EDFEnergy

Pour bloquer la construction d'un troisième réacteur au sein du complexe nucléaire d'Hinkley Point, des opposants allemands ont saisi la Cour européenne de justice. Leur argument? Les subventions versées par le gouvernement britannique créent une distorsion de concurrence.

Les subventions accordées aux futurs réacteurs EPR, de la centrale nucléaire d'Hinkley Point (Royaume-Uni), ont décidément du mal à passer auprès de certains pays européens. L'Autriche et son gouvernement anti-nucléaire, décidé à ne rien concéder dans ce domaine, a ouvert la voie des recours en justice la semaine dernière en portant plainte contre la Commission européenne. A leur tour, une dizaine de fournisseurs d'énergie et services municipaux allemands ont saisi la Cour européenne de justice mercredi 15 juillet. 

Les plaignants, emmenés par Greenpeace Energy, distributeur allemand d'électricité verte, estiment que les subventions accordées pour la réalisation des nouveaux réacteurs vont "distordre massivement le marché européen de l'énergie et donner un avantage compétitif au nucléaire". Sönke Tangermann, le patron de Greenpeace Energy, estime que ces subventions, constituent "une aide publique illégale".

108 milliards d'euros sur 35 ans d'exploitation 

Les services municipaux allemands associés à cette plainte s'inquiètent eux de l'impact de ces subventions sur l'efficacité des centrales électriques du pays et du ralentissement du développement des énergies renouvelables en Europe. Selon un expertise scientifique commandée par ces plaignants, le prix garanti par Londres pour l'énergie produite par Hinkley Point serait fixé à 12 centimes du kilowatt-heure, soit un coût trois fois plus élevé que le prix du marché. Sur une période d'exploitation de 35 ans, le montant total des subventions se monterait alors à 108 milliards d'euros. 

Ces réacteurs, de nouvelle génération, doivent être les premiers construits depuis 1995 sur le territoire britannique. Le Français EDF, via sa filiale EDFEnergy est à la manoeuvre mais ne cesse d'accumuler les difficultés. L'entreprise a d'ailleurs suspendu les travaux préparatoires au printemps dernier. Si le chantier est mené à son terme, le contrat conclu avec le Royaume-Uni doit lui garantir un accès à l'électricité produite à 117,15 euros du mégawatt-heure (soit le double d'aujourd'hui) pour les 35 années de vie de la centrale. 

A.M. avec AFP