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Engie se recentre et réfléchit à l'avenir de ses solutions clients

Suez signe la pire performance du SBF 120 mardi matin après l'annonce d'Engie du maintien du statu quo.

Suez signe la pire performance du SBF 120 mardi matin après l'annonce d'Engie du maintien du statu quo. - AFP

Le groupe, qui a vu son bénéfice net fondre en raison de la pandémie, poursuit la nouvelle stratégie adoptée depuis le départ d'Isabelle Kocher. Cela passera probablement par des cessions d'actifs.

Le géant de l'énergie Engie a annoncé vendredi son intention de recentrer son activité en accélérant son développement dans les renouvelables et les infrastructures mais aussi en réfléchissant à l'avenir de ses solutions clients.

Une "revue stratégique" a ainsi été engagée sur une partie représentant environ deux tiers du chiffre d'affaires de cette dernière activité et "toutes les options seront évaluées", indique dans un communiqué le groupe, détenu à près de 24% par l'Etat français.

Les solutions clients recouvrent une gamme de métiers variés allant de la gestion de sites (hôpitaux, entreprises...), aux "villes intelligentes" en passant par des services d'économie d'énergie, d'installation électrique ou de climatisation.

Avenir encore flou

"Nous voulons constituer un ensemble cohérent, lui donner un cadre et une gouvernance qui lui permette à nouveau de se développer", a expliqué le président du conseil d'administration, Jean-Pierre Clamadieu, lors d'une conférence virtuelle.

Ces activités "pourront prendre progressivement leurs distances par rapport au groupe même si les modalités de cette prise de distance ne sont pas aujourd'hui définies", a-t-il ajouté. Une introduction en Bourse est "une de ces modalités mais il y en a bien d'autres".

Cette annonce intervient alors que les syndicats du groupe ont manifesté dernièrement leur inquiétude quant à la possible cession d'activités employant des milliers de salariés en France.

"Coeur de métier"

"On attend d'en savoir un peu plus, notamment sur le périmètre concerné par cette réflexion" sur les solutions clients et "combien de salariés seront impactés et ce qui sera réalisé", a réagi Sébastien Michel, coordinateur CFDT.

"Le groupe va accélérer ses investissements dans les énergies renouvelables et les infrastructures énergétiques qui constituent, nous en sommes convaincus, notre cœur de métier", a par ailleurs annoncé vendredi Jean-Pierre Clamadieu.

Dans les renouvelables, la cible de mise en service annuelle moyenne de capacités est portée de 3 gigawatts (GW) à 4 GW à moyen terme, "accompagnée d’une augmentation du nombre de projets renouvelables conservés sur le bilan du groupe".

Cession d'actifs non stratégiques

Engie veut aussi croître dans les infrastructures décentralisées comme par exemple les réseaux urbains de chaleur et de froid, l'éclairage public ou la recharge des véhicules électriques. 

Le groupe, actionnaire des réseaux de distribution et de transport de gaz français GRDF (à 100%) et GRTgaz (à 75%), cherchera aussi "à rééquilibrer son exposition dans les réseaux de gaz et d'électricité en France et à l'international".

Pour les réseaux français, "nous souhaitons continuer à consolider ces activités" mais "des ajustements peuvent permettre de dégager des ressources significatives" en cédant une partie du capital, a indiqué Jean-Pierre Clamadieu.

Enfin, Engie prévoit des ventes d'actifs jugés non stratégiques et de participations minoritaires, ce qui pourrait "conduire à plus que doubler le programme de cessions d'environ 4 milliards d'euros annoncé précédemment".

"Tout est ouvert" concernant Suez

"Tout est ouvert" concernant la participation de 32% d'Engie au sein du groupe d'eau et de déchets Suez, a notamment fait savoir Jean-Pierre Clamadieu.

Ces nouvelles orientations stratégiques seront au menu du futur nouveau directeur général, qui doit être nommé en septembre pour remplacer Isabelle Kocher, déjà partie. C'est une direction collégiale intérimaire qui remplace pour l'instant cette dernière depuis février.

L'ex GDF-Suez s'est déjà considérablement transformé ces dernières années en mettant l'accent sur la transition énergétique. Mais le groupe apparaît aussi très complexe et diversifié, avec des activités allant des éoliennes à l'entretien de sites en passant par le nucléaire en Belgique. 

Bénéfice net réduit à zéro

Engie a par ailleurs annoncé vendredi que son bénéfice net a été réduit à zéro au premier semestre, contre 2,1 milliards d'euros un an plus tôt, notamment à cause des effets de la pandémie de Covid-19 mais aussi de températures anormalement élevées en France.

La crise sanitaire a pesé en particulier sur les activités de solutions clients et sur le fourniture de gaz et d'électricité.

Après avoir retiré ses prévisions financières en avril en raison de la crise sanitaire, l'entreprise prévoit désormais un résultat net récurrent part du groupe pour 2020 entre 1,7 et 1,9 milliard d'euros. C'est beaucoup moins que les 2,7 et 2,9 milliards d'euros prévus avant la crise sanitaire.