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El Hierro, la seule île d'Espagne 100% autonome

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- - Désirée Martin - AFP

Destination de rêve, l'archipel des Canaries (Espagne) abrite un véritable laboratoire de la transition énergétique. Sur l'île d'El Hierro, soleil, vent et eau fournissent aux insulaires toute l'énergie qui leur est nécessaire.

C'est sur une idée folle à laquelle ont adhéré, à la fin des années 90, les habitants de l'île d'El Hierro. Afin de protéger les 280 kilomètres carrés de leur territoire, destiné à devenir un terrain de tir pour l'armée espagnole, ils se sont rangés derrière le projet d'un politique et ingénieur local, Tomás Padrón Hernández. Cet insulaire rêvait depuis 1979 de créer une centrale électrique capable de subvenir aux besoins énergétiques de ses 11.000 habitants.

Le classement de l'île par l'Unesco comme "réserve de la biosphère", intervenu au début des années 2000, a donné un coup d'accélérateur au projet. Cette distinction a permis d'attirer davantage de touristes sur l'île -qui selon le "Guinness World Records" a longtemps abrité le plus petit hôtel du monde- et de sensibiliser le grand public au virage écologique amorcé. 

L'hydroélectricité en circuit fermé

L'île a donc bâti une centrale hydroélectrique unique au monde. Cinq immenses éoliennes (64 mètres de haut), assurent la production de 11,5 Mw et permettent aux quatre usines de dessalement de l'eau installées sur le littoral de remplir leur fonction. 

Le bassin d'altitude, en cours de réalisation
Le bassin d'altitude, en cours de réalisation © José Mesa - Flickr - CC

En cas de surplus de production, l'énergie excédentaire actionne les pompes de deux bassins de rétention répartis à flanc de colline. Lorsque le bassin supérieur est vidé, l'eau qui parcourt 650 mètres de dénivelé, entraîne alors une turbine qui permet de fournir elle aussi une puissance de 11,5 mégawatts.

Cette installation ultra-moderne, qui a coûté près de 80 millions d'euros, a pris le relais en juin 2014 de l'ancienne centrale diesel qui alimentait alors l'île en électricité. La collectivité a pu immédiatement cesser d'importer 40.000 barils de pétrole, économisant 2 millions d'euros par an et 18.000 tonnes de CO2.

Le développement de l'énergie solaire en chantier

L'élu chargé d'administrer les différentes communes de l'île, le "cabildo", confiait en 2014 à France Info vouloir "développer un tourisme soutenable pour l'île avec le recyclage des déchets et le développement de l'agriculture biologique". Pour l'heure, c'est à un tout autre chantier que s'est attelé Alpido Armas. Il entend désormais utiliser une autre ressource naturelle, jusque là inexploitée: le soleil.

L'idée est de construire une ferme solaire destinée à l'alimentation des bornes de recharge pour les véhicules électriques. Actuellement, 5.000 véhicules thermiques circulent sur l'île. Même si cela prendra plusieurs années, les politiques locaux souhaitent, qu'à terme, tout le parc automobile de l'île soit converti à l'électricité. 

Antonin Moriscot