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Développement durable: Kering meilleur que ses concurrents ?

Kering publie son compte de résultat environnemental qu'il juge performant: le groupe valorise sa démarche "développement durable" à l'image de l'engagement de Stella Mac Cartney.

Kering publie son compte de résultat environnemental qu'il juge performant: le groupe valorise sa démarche "développement durable" à l'image de l'engagement de Stella Mac Cartney. - Kering

Le groupe de luxe vient de publier son compte de résultat environnemental. C'est une grande première. Il affirme réaliser une bonne performance en la matière.

C'est au sein de Puma l'une des marques de Kering que la démarche avait été initiée. L'ensemble du groupe s'engage désormais dans une démarche de transparence en matière de développement durable qu'elle évalue à travers un "EP&L" - en anglais "Environmental Profit and Loss Account"- autrement dit son compte de résultat environnemental. Développé avec le cabinet PwC, cet outil mesure l'impact de ses activités sur l'environnement tout au long de la chaîne d'approvisionnement, de la production des matières premières jusqu'à la vente des produits finis. C'est ainsi que sont passés au crible les émissions de gaz à effet de serre, l'utilisation d'eau, la pollution de l'air et de l'eau, la production de déchets ou encore les changements dans l'utilisation des sols en lien avec les activités de Kering et celles de ses fournisseurs. 

Le groupe dirigé par François-Henri Pinault innove en mesurant l'empreinte environnementale de ses activités et de l'ensemble des chaînes d'approvisionnement pour la traduire en valeur monétaire. Le coût pour l'année 2013 est donc chiffré à 773 millions d'euros. Ce que salue Marie-Claire Daveu, directrice du développement durable de Kering: "Si les activités de Kering étaient gérées sans tenir compte des enjeux environnementaux, et si Kering menait une politique d'approvisionnement similaire à une entreprise type de son secteur, le résultat de son EP&L serait 40% plus élevé". 

Open source

Le groupe met en avant son engagement face à ses concurrents. Selon Marie-Claire Daveu les "impacts environnementaux du groupe représentent moins de 45% de ceux d'une entreprise moyenne à chiffre d'affaires comparable". En prenant les devants, il ne souffre pas en tous cas de comparaison. Si l'on se étudie les données publiées la quasi totalité des impacts sont imputables à la chaîne d'approvisionnement. La production de matières premières arrive en tête. Un quart concerne les premières transformations que ce soit le tannage du cuir ou l'affinage des métaux. Kering va même plus loin en rendant publique la méthodologie de son E P&L afin de fournir un outil "open source".

Son but? Encourager les autres entreprises à mieux comprendre l'impact global de leurs activités Pour François-Henri Pinault, PDG de Kering "Notre E P&L a déjà servi efficacement de catalyseur interne pour nous aider à nous orienter vers un business model plus durable." Kering s'est fixé des objectifs ambitieux d'ici 2016: réduire de 25% la consommation d’eau, les déchets et les émissions de carbone générés par la production de ses produits et services ou encore que 100% du cuir issu de l’élevage utilisé pour les produits des marques de PPR soit d’origine responsable et contrôlée.

Nathalie Croisé et AFP