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Comment EDF veut sauver Fessenheim

La fermeture de la centrale de Fessenheim était une promesse de campagne de François Hollande

La fermeture de la centrale de Fessenheim était une promesse de campagne de François Hollande - Florival - Wikimedia - CC

Le groupe énergétique français étudierait deux options pour éviter de fermer complétement le site alsacien, rapporte Europe 1, ce vendredi 30 janvier.

La fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, promesse de campagne de François Hollande, est-elle sur le point d'être enterrée? En coulisse EDF s'activerait en tout cas pour que le site alsacien ne mette pas la clef sous la porte.

Le groupe énergétique français travaille ainsi sur des pistes alternatives à la fermeture de la centrale haut-rhinoise, rapporte Europe 1, ce vendredi 30 janvier. La loi de transition énergétique prévoit que pour toute ouverture d'un EPR, le réacteur nucléaire de nouvelle génération, il faudrait fermer deux réacteurs.

Objectif: ramener la capacité nucléaire de la France à 63,2 gigawatts. Comme un EPR est actuellement en cours de construction à Flamanville, dans la Manche, il faut donc bien fermer deux réacteurs.

La centrale de Fessenheim compte justement deux réacteurs nucléaires de 900 mégawatts. Mais EDF, qui, à plusieurs reprises, a demandé le prolongement de la durée de vie des centrales nucléaires (en passant de 40 à 60 ans), propose deux solutions moins directes.

Deux scénarios

Premier scénario: fermer deux réacteurs nucléaires dans une autre centrale. Seraient potentiellement concernés les sites du Tricastin, dans la Drôme, du Bugey dans l'Ain, ou encore de Gravelines dans le Nord. Deuxième scénario: partager les sacrifices en fermant un réacteur à Fessenheim et un second dans une autre centrale.

Ségolène Royal aurait demandé en personne à EDF de proposer ces pistes, selon Europe 1. La ministre de l'Ecologie est en effet bien consciente que la fermeture de Fessenheim représenterait la mise en péril de 2.000 emplois. Et elle a déjà, à plusieurs reprises, expliqué qu'elle était ouverte à d'autres fermetures que celle de Fessenheim, invitant EDF à lui soumettre des propositions alternatives. Quant à François Hollande, il s'était montré pour le moins évasif, le 5 janvier dernier, sur France Inter. "J'ai pris cet engagement que dans le cadre du plafonnement du nucléaire, il y aurait la fermeture de Fessenheim. Des procédures sont en cours et les études sont lancées", avait-il déclaré.

"Je m'étais engagé, non pas parce que je veux viser Fessenheim en particulier (mais) parce que c'était la plus vieille centrale" nuançait-il alors. "Dès lors que la loi sur la transition énergétique, et c'était un de mes engagements, plafonne la production nucléaire, il faut fermer une centrale parce qu'en plus, on va avoir l'usine de Flamanville qui va ouvrir", poursuivait-il. "Pas forcément Fessenheim ?", glissait alors un journaliste. "C'est ce que certains disent", s'était contenté de répondre le président de la République.

J.M.