BFM Business

Comment E.ON veut produire de l'électricité avec des drones

Le site prendrait place en Irlande

Le site prendrait place en Irlande - Ampyx Power

Le groupe allemand a annoncé cette semaine qu'il allait s'allier avec une PME néerlandaise pour porter un projet novateur. L'idée est de capter la force du vent grâce à un drone pour la convertir en électricité.

E.ON a décidémment le coup de foudre pour les entreprises qui cherchent à produire l'électricité de façon innovante. Après avoir déjà participé au financement d'une start-up écossaise cherchant à utiliser les cerfs-volants pour capter l'énergie éolienne, l'énergéticien allemand a annoncé cette semaine avoir signé un accord avec le néerlandais Ampyx Power.

Les deux sociétés vont travailler sur un projet pour le moins original: transformer la force du vent en énergie grâce à des drones, qui joueraient en quelque sorte le rôle d'éolienne suspendue dans les airs.

La PME batave va être la première entreprise à tester ses drones sur un site offshore "de démonstration", qui sera construit par E.ON au large des côtes de County Mayo, une région au Nord-Ouest de l'Irlande.

Plus efficace que les éoliennes

Sur une ou plusieurs plate-formes offshore, un drone autonome à double fuselage de 12 m d'envergure serait relié à un générateur d'électricité via un câble. Le drone irait voler à des altitudes de 200 à 450m en décrivant des huit, tout en étant porté par le vent. En bougeant, le drone tire le câble, faisant bouger et tourner un mécanisme au niveau de la plate-forme. Le générateur convertit ensuite l'énergie rotative en électricité.

Le petit drone utilise une multitude de capteurs pour savoir quand voler, atterrir, décoller ou rejoindre la plate-forme.

En clair, le petit appareil irait chercher l'énergie du vent haut, très haut et fonctionnerait un peu comme un cerf-volant.

Ce qui permettrait d'augmenter son efficacité énergétique. En effet, à 200 ou 450 mètres d'altitude, le vent est bien plus fort qu'au niveau de la mer. Udo Zillmann, le président de l'Airborne Wind Energy Network, explique à Bloomberg que les technologies allant chercher l'énergie éolienne à haute altitude pourraient atteindre un facteur de charge (le rapport entre l'énergie produite et l'énergie d'un système s'il était à pleine puissance) de 70%. Actuellement, celui des éoliennes offshore est inférieur à 50%. "En prenant cela en compte, ainsi que des coûts de développement plus bas (le drone n'a pas besoin de la quantité de matéreau astronomique d'une éolienne, ndlr), la finalité pourrait être de diminuer de moitié le coût de l'énergie éolienne", poursuit-il.

-
- © -

E.ON construira plusieurs plateformes à County Mayo et Ampyx Power pourrait tester ses technologies sur une ou plusieurs d'entre elles dès cette année. Le groupe allemand n'a pas communiqué le montant de l'investissement en question, mais d'après le Handelsblatt, E.ON serait déjà en train d'investir 3 millions d'euros pur développer les technologies du futur dans l'éolien.

La concurrence de Google

"E.ON étudie ces technologies depuis cinq ans et nous pensons qu'elles peuvent vraiment rebattre les cartes. Cela rejoint l'un de nos objectifs prioritaires qui est de diminuer le coût des énergies renouvelables et également permettre d'installer la production de ces énergies dans des endroits où cela n'est pour le moment pas techniquement et économiquement possible", affirme à Bloomberg Frank Meyer l'un des vice-présidents de l'entreprise.

E.ON considère que ces technologies pourraient prendre leur essor dans la première moitié des années 2020.

Mais le groupe allemand va devoir faire face à un autre rival qui a largement investi dans cette branche: Alphabet, la maison-mère de Google. En 2013, le groupe de Mountain View, a racheté une entreprise appelée Makani Powers. Cette dernière travaille ainsi sur un cerf-volant-avion équipé de rotors et relié à une plate-forme grâce à une attache en fibre de carbone. Cette fois, ce sont les rotors qui produisent l'énergie ensuite transformée en électricité par le générateur. À peu de chose près, le concept ressemble étrangement à celui d'Ampyx Power. De là à dire que E.ON copie Google….

J.M.