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Cleantechs en France: des signes de vitalité

Les énergies renouvelables retrouvent la faveur des investisseurs en France selon le dernier baromètre Green Univers-EY. 700 millions ont été collectés en 2014. Signe encourageant: l'IPO annoncée de Solairedirect

Les énergies renouvelables retrouvent la faveur des investisseurs en France selon le dernier baromètre Green Univers-EY. 700 millions ont été collectés en 2014. Signe encourageant: l'IPO annoncée de Solairedirect - Solairedirect

Le dernier baromètre réalisé par Green Univers et EY montre que les énergies renouvelables ont retrouvé les faveurs des investisseurs en 2014, permettant à plusieurs  secteurs d'afficher un certain dynamisme.

La France affiche une croissance de 25% de ses investissements dans les énergies renouvelables. Plus d’une centaine de sociétés ont renforcé leurs fonds propres en 2014. Elles ont collecté plus de 700 millions d’euros. Le capital investissement apporte à lui seul les deux tiers : il a battu un double record en 2014 avec 86 investissements réalisés, contre 81 en 2013. Le montant total atteint 469 millions d’euros. Ce qui représente une hausse de 47% par rapport à 2013. C'est notamment la conclusion du dernier baromètre 2014 réalisé avec GreenUnivers et EY.

Bonne nouvelle: les énergies renouvelables retrouvent la faveur des investisseurs même si les situations sont contrastées. Plus de 310 milliards de dollars ont été investis globalement. En France, une embellie se dessine pour le marché photovoltaïque grâce aux grandes centrales. Mais le segment des petites toitures reste toujours amorphe. Le photovoltaïque reste marginal dans le mix énergétique français. La France a raccordé quelque 927 MW en 2014, selon le Syndicat des énergies renouvelables (SER) et Réseau de transport d'électricité (RTE).

Smart grids et rénovation thermique

L’éolien terrestre se porte mieux après quatre années de baisse. Les raccordements sont repartis à la hausse en 2014 avec 963 MW raccordés en France métropolitaine. L'éolien offshore se fait attendre. Les deux premiers appels d’offres ont permis l’attribution de 2,9 GW de projets posés. Un troisième est en préparation. Mais aucun parc n’est encore en service.

Dans un autre ordre d'idée les smart grids deviennent réalité. Des milliards d’euros d’investissements sont actés pour les réseaux et les infrastructures. La généralisation des compteurs communicants électrique (Linky) et à gaz (Gazpar) représente un marché de 6 milliards d’euros d’ici à 2022.

Le bâtiment reste toujours un immense chantier. La rénovation thermique a bien du mal à se mettre en place en raison des difficultés d’amortissement du coût des travaux. Le bâtiment représente encore 45% de la consommation d'énergie finale en 2013. L’entrée en vigueur d’un audit énergétique obligatoire pour les grandes entreprises pourrait jouer un effet de levier même si la baisse du prix du pétrole n’incite pas à investir.

Nouveaux modes de financement

Dans ce contexte, les éco-entreprises vont chercher de l'argent auprès des marchés. Les opérations en Bourse ont été nombreuses au premier semestre 2014 . On peut ainsi citer McPhy Energy, Fermentalg, Innoveox, Voltalia.

Le début de l’année 2015 a été encourageant avec Oceasoft, Ecoslops et l'IPO annoncée pour Solairedirect. 2014 a été marquée par l'apparition de nouvelles formes de financements. De nouveaux fonds dédiés aux projets d’infrastructures dans le secteur des cleantech ont été lancés.

Parmi eux, Eurofideme 3 de Mirova dans lequel la Banque européenne d’investissement a investi 40 millions d'euros ou encore le fonds dédié aux infrastructures lancé par Demeter Partners. Il vise les 100 millions d'euros. Le financement participatif gagne du terrain : il est d'ailleurs inscrit dans la projet de loi.

100.000 emplois d'ici 3 ans

Les grands groupes restent les locomotives des différents marchés. Mais, depuis deux ans, ils ont globalement réduit les grandes acquisitions au profit de la croissance organique. Pour Total, les investissements dans le solaire sont porteurs avec le rachat de SunPower. D’autres montent en puissance, comme DCNS dans les énergies marines ou Michelin dans l’écomobilité.

Mais quelques grands acteurs se sont désengagés en 2014 : Technip s’est retiré de l’éolien offshore, Saint-Gobain et Areva du solaire. Les stratégies d'innovation se renforcent. Les grands acteurs vont chercher des pépites. Ils parlent de plus en plus d'un accord "gagnant-gagnant". Plusieurs groupes ont mis en place des fonds corporate comme GDF Suez qui a lancé GDF Suez New Ventures doté de 100 millions d’euros en 2014.

Difficile d'avoir des données précises sur le poids des éco-entreprises en France. Les éco-activités représentaient plus d’un million d’emplois en équivalent temps plein, selon les dernières données du service de l’observation et des statistiques du Commissariat général au développement durable qui portaient sur 2012.

La production des éco-activités atteignait 85 milliards d’euros en 2012, en hausse de 5,6% en un an. D’après les estimations du gouvernement et de l’Ademe, la transition énergétique pourrait permettre de créer 100.000 emplois d’ici 2018.

Nathalie Croisé