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Cette entreprise invente les étiquettes qui se mangent

Le laser se contente de dépigmenter la peau du fruit ou du légume, ce qui n'altère si non goût ni sa durée de conservation.

Le laser se contente de dépigmenter la peau du fruit ou du légume, ce qui n'altère si non goût ni sa durée de conservation. - Laserfood

Mises bout à bout, les étiquettes collées sur les fruits et légumes représentent un énorme gâchis de papier et d'encre. L'espagnol Laserfood a développé une solution pour les remplacer par un marquage au laser.

Sur les avocats, les oranges, les bananes, les étiquettes sont partout pour indiquer la nature du produit et son mode de culture. Leur taille a beau être réduite, leur omniprésence sur les étals représente une somme de papier, d'encre, de plastique et de colle qui pèse sur l'environnement.

Laserfood, une entreprise espagnole, a trouvé la parade: les remplacer par un marquage au laser. Sa solution permet de marquer n'importe quel produit agroalimentaire pour y faire figurer les informations exigées par l'union européenne pour le contrôle de sa traçabilité. Mais elle mise aussi sur la personnalisation, avec le marquage de logos commerciaux ou de n'importe quel dessin.

A cette grande flexibilité, s'ajoute une rapidité d'exécution puisqu'elle ne nécessite aucune intervention manuelle de collage. Les fruits et légumes sont placés sur un tapis roulant qui les mène tout droit vers le rayon laser. Le modèle de machine le plus performant permet de marquer jusqu'à 54.000 pièces par heure.

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- © Laserfood

Le marquage laser n'est pas traumatisant pour le fruit ou du légume, puisqu'il se contente de dépigmenter la peau sur son passage. La durée de conservation n'est pas entamée par ce traitement. De plus, contrairement aux étiquettes, il n'y a aucun risque de voir le marquage se décoller, ce qui évite les contrefaçons. Impossible de faire passer une banale pomme pour une reinette bio par exemple.

Certains distributeurs suédois viennent d'adopter cette solution pour marquer les avocats et les patates douces biologiques, rapporte The Guardian. "En utilisant ce marquage sur tous les avocats bio que nous vendons à l'année, nous allons économiser en plastique l'équivalent une bande représentant 200 km de long sur 30 cm", explique Peter Hagg, directeur au sein de la chaîne de supermarchés suédois ICA dans les colonnes du journal.

Ce choix est aussi un atout marketing pour séduire les acheteurs: il compte sur la fibre écologique des consommateurs, notamment les jeunes générations, qui privilégient de plus en plus les produits dont l'emballage a le moins d'impact écologique possible. En Angleterre, Marks&Spencer après une expérimentation sur les oranges, réserve ce marquage pour les noix de coco. 

C.C.