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5 milliards de perte pour Areva

Areva a annoncé ce lundi une perte de près de 5 milliards d'euros.

Areva a annoncé ce lundi une perte de près de 5 milliards d'euros. - Charly Triballeau - AFP

L'industriel de l'atome a annoncé ce 23 février une perte nette de 4,9 milliards d'euros en 2014. Une contre-performance que le groupe explique succinctement.

Avant même de publier son bilan annuel pour 2014, Areva prévient que ses résultats seront largement négatifs. Le fleuron français du nucléaire annonce ce 23 février une perte nette de 4,9 milliards d'euros. Un trou dans les comptes dont le montant a explosé, puisqu'il n'atteignait "que" 500 millions d'euros en 2013.

Areva explique cette contre-performance par trois facteurs. D'abord la perte de valeur de certains de ses actifs, comme son usine française de conversion de l'uranium Comurhex, en raison de la chute du cours de cette ressource. L'entreprise cite aussi les surcoûts qu'elle a provisionnés pour absorber les considérables retards de construction de l'EPR finlandais. Enfin, elle évoque les provisions qu'elle doit passer dans la perspective de l'arrêt d'une vingtaine de sites de retraitement et de transformation de l'uranium. La loi a été durcie en France, les opérations de démantèlement et d'assainissement de ces sites vont coûter plus cher, ce qui alourdit encore les prévisions de dépenses du groupe.

"Toutes les solutions" à l'étude

La situation délicate dans laquelle se trouve Areva était connue. Déjà en novembre, Challenges annonçait que le groupe "serait en faillite" s'il n'était pas public. Le site internet de l'hebdomadaire n'évoquait à l'époque qu'un seul milliard de perte pour 2014.

Areva s'est doté d'un nouvel exécutif après le départ inattendu de Luc Oursel, en raison de problèmes de santé qui ont depuis provoqué sa disparition. Philippe Varin, ex-PSA, et Philippe Knoche, lui ont succédé, respectivement en tant que président et directeur général.

Leur mission consiste notamment à établir une stratégie de relance, en partenariat avec un Etat qui détient, indirectement et directement, près de 87% du capital du constructeur de centrales. En début d'année, la presse évoquait à ce titre un éventuel rapprochement des activités nucléaires d'EDF et Areva. Mais le président de l'énergéticien français, Jean-Bernard Levy, avait assuré sur BFM Business que de tels projets n'étaient pas à l'ordre du jour.

Le spécialiste de l'atome publiera ses résultats complets le 3 mars, et donnera à cette occasion des détails sur son plan pour sortir de l'ornière. La ministre de l'Energie, Ségolène Royal, qui est notamment en charge du dossier de la transition énergétique, a assuré ce lundi que "toutes les solutions sont en train d'être regardées" à propos de l'avenir d'Areva. Elle a notamment évoqué sa volonté de voir émerger des "synergies" entre EDF, Areva et le commissariat à l'énergie atomique. 

Nina Godart