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« Des milliers de milliards injectés, mais peu de résultats »

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Alors que le CAC 40 continue ses soubresauts, Philippe Dessertine fait le point l’évolution de la crise financière qu'il définit de « situation difficile durable ».

Paniquer ou rester serein ? En ces temps de grave crise financière, les observateurs ont les yeux rivés sur les mouvements incessants des indices boursiers. Sur RMC, le professeur de finances à l'université Paris X Nanterre et directeur de l'Institut des hautes finances Philippe Dessertine a explicité les derniers rebondissements de la crise : « Il faut prendre les indicateurs boursiers pour ce qu'ils sont : des indicateurs instantanés. Nous sommes dans une situation difficile durable, c'est ce qu'il faut bien comprendre. Il est certain que les interventions des pouvoirs publics n'ont pas les résultats attendus étant donné leur ampleur. On est dans des interventions gigantesques, avec des milliers de milliards de dollars qui sont injectés, et finalement le système réagit très peu. Si ces interventions n'avaient pas lieu, on serait dans une spirale encore plus grave ».

« Aujourd'hui nous sommes dans un système mondial qu'il est très très difficile de maîtriser lorsqu'il part dans des évolutions qui sont négatives. En France, on est toujours avec cette garantie des dépôts à hauteur de 70 000 euros donnée par le fonds interbancaire, mais le Président de la République était intervenu à Toulon pour dire « Il n'y aura pas un euro de perdu ». Je crois que c'est le message que donnent tous les gouvernements. Le message donné par le gouvernement allemand est encore plus fort que celui donné par Nicolas Sarkozy ».

« L'Etat français, comme les Etats européens, est un Etat riche. Donc s'il y avait un vent de panique, et c'est exactement ce que l'on veut éviter, à l'échelle européenne ce serait très dommageable. Mais il faut le répéter, le risque de faillite des banques européennes aujourd'hui n'existe pas. Ce n'est pas pour autant que cette information est vraiment satisfaisante parce que l'intervention de l'Etat aura des conséquences plus tard ».

La rédaction-Bourdin & Co