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Depuis le Covid-19, de plus en plus d'agents d'entretien travaillent la journée en entreprise

Une employée nettoie une poignée de porte dans un mobile home du camping "La Méditerranée" à Argelès-sur-Mer, le 5 août 2020.

Une employée nettoie une poignée de porte dans un mobile home du camping "La Méditerranée" à Argelès-sur-Mer, le 5 août 2020. - RAYMOND ROIG / AFP

A la demande de leurs clients, les entreprises de propreté sont de plus en plus nombreuses à proposer des horaires de journée à leurs salariés.

Les agents d'entretien ont été reconnus comme des travailleurs de la 2ème ligne par le gouvernement pendant la crise sanitaire. Pour le nettoyage des bureaux, qui représente plus d'un tiers (36%) de l'activité du secteur de la propreté, les travailleurs s'affairent d'ordinaire avant l'arrivée des salariés, entre 6 et 9 heures, et après leur départ, entre 17 et 20 heures.

Mais depuis le Covid-19, ils sont de plus en plus nombreux à travailler de jour et sans coupure, à la demande des clients. Pour rassurer les salariés, certaines directions ont en effet réclamé la présence d'agents d'entretien dans les locaux tout au long de la journée, pour désinfecter poignées de portes et bureaux.

En 2014, 76% des entreprises de propreté assuraient souhaiter tendre vers davantage de travail en journée sur certains sites, contre 92% aujourd'hui, selon une étude réalisée pour la Fédération des Entreprises de Propreté (FEP), relayée par Le Journal du Dimanche.

Surtout, 89% des clients engagés dans cette démarche ne souhaitent pas revenir en arrière, signe qu'ils sont satisfaits de ce nouveau rythme.

Un rythme plus adapté à la vie de famille

Une bonne nouvelle pour les agents d'entretien, qui sont à 75% des femmes. "Mes collègues sont souvent mères célibataires. Si celles qui ont des enfants en bas âge débutaient une heure plus tard, ça changerait tout! Quitter la maison à 5 heures quand les transports et les modes de garde ne sont pas ouverts, rentrer après 21h30, c'est un casse-tête", témoigne auprès du JDD Leila Abbes, déléguée CFDT chez Elior.

"Quand ça marche, c'est très positif. On est à égalité, invitées aux pots de départ, on fait partie de la famille", se félicite-t-elle.

Un changement de rythme qui pourrait permettre d'attirer de nouveaux candidats, alors que le secteur, qui représente 500.000 emplois en France, fait face à une pénurie de main d'oeuvre.

Mais la transition nécessite aussi de casser les préjugés, comme la crainte du bruit de l'aspirateur. Selon la déléguée CFDT, aujourd'hui, "beaucoup d'entreprises préfèrent qu'on reste invisibles". Faire changer une organisation en place depuis des dizaines d'années prendra encore du temps.

https://twitter.com/Pauline_Dum Pauline Dumonteil Journaliste BFM Tech