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Vivendi détient plus de 25% de Mediaset

Vivendi continue de grignoter des parts.

Vivendi continue de grignoter des parts. - Eric Piermont - AFP

De passage ce mardi, à Paris, le chef de la diplomatie italienne, Angelino Alfano, a exprimé "la forte préoccupation italienne concernant cette opération".

Vivendi, qui a acquis la semaine dernière 20% de Mediaset, a annoncé détenir désormais 25,75% du capital et 26,77% des droits de vote du groupe de télévision italien. Le groupe de Vincent Bolloré avait dévoilé ses intentions lundi en indiquant qu'il comptait augmenter sa participation dans Mediaset "dans la limite de 30% du capital et des droits de vote".

Vivendi avait fait la semaine dernière une entrée fracassante au capital du groupe de télévision italien, contrôlé par la famille de Silvio Berlusconi, laquelle a qualifié via sa holding Fininvest cette manoeuvre d'"hostile" et a saisi la justice italienne en accusant Vivendi de "manipulation de marché".

Dans un communiqué publié lundi, le groupe de Vincent Bolloré expliquait que son directoire, "considérant les prises de position récentes de Fininvest", "a décidé avec l'autorisation du conseil de surveillance d'augmenter sa participation dans Mediaset en fonction des conditions de marché", et ce dans la limite de 30% du capital et des droits de vote du groupe italien. Vivendi "rappelle que sa présence au capital de Mediaset s'inscrit dans sa volonté de se développer en Europe du Sud et dans le cadre de ses ambitions stratégiques en tant que groupe international majeur dans le domaine des médias et des contenus d'essence européenne", ajoutait encore le communiqué.

Le gendarme boursier italien saisi 

De son côté, la holding de la famille Berlusconi avait annoncé, quelques minutes avant cette déclaration du groupe français, avoir saisi le gendarme boursier italien, parallèlement à la procédure judiciaire qu'elle avait engagée contre Vivendi le 13 décembre. Après l'échec d'un projet de mariage annoncé en avril entre Mediaset et Vivendi, qui a débouché sur un conflit acrimonieux, Vivendi tente un coup de force pour s'emparer de Mediaset, seule cible européenne accessible dans le domaine des contenus télévisuels.

Dénonçant une opération hostile, la famille Berlusconi s'est lancée, pour riposter, dans l'achat de titres afin de monter à 38,266% du capital et 39,775% en termes de droits de vote au sein du groupe de télévision italien. Le gouvernement italien est intervenu dans la bataille, jugeant inappropriée l'opération et évoquant une "escalade hostile".

En visite à Paris, mardi le chef de la diplomatie italienne Angelino Alfano a exprimé "la forte préoccupation italienne concernant cette opération". "Nous respectons les règles du marché et attendons un respect réciproque de ces règles", a indiqué le ministre, en soulignant que "c'est une affaire qui concerne tout le système italien dans sa globalité, pas seulement une entreprise privée".

D. L. avec AFP