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Stéphane Collaro perd son procès contre le fisc

Stéphane Collaro avec ses Cocogirls en 1989

Stéphane Collaro avec ses Cocogirls en 1989 - Jean-Pierre Muller AFP

Le Conseil d'État vient de rejeter le pourvoi de l'animateur, qui conteste depuis six ans un redressement fiscal. Stéphane Collaro était notamment redressé pour avoir minoré à tort son impôt de plus de 38.000 euros.

Après six ans de combat, Stéphane Collaro a définitivement perdu son combat contre le fisc. L'animateur de télévision s'était vu notifier un redressement fiscal fin 2009, qu'il a contesté -en vain- devant toutes les juridictions possibles: tribunal administratif, cour administrative d'appel, et enfin Conseil d'État. Ce dernier vient de rejeter son pourvoi, mettant un terme définitif à l'affaire.

Déductions injustifiées

Le redressement portait sur la société de production détenue par le créateur du Bêbête Show, la SARL Julia Productions, qui détient les droits sur ses anciennes émissions à succès. Le fisc, lors d'un contrôle des exercices 2006 à 2008, avait soulevé plusieurs problèmes. D'abord sur les revenus immobiliers et sur les capitaux mobiliers (actions..), et Stéphane Collaro avait accepté le redressement sur ces points.

Mais les limiers de Bercy ont aussi pointé "des dettes fournisseurs injustifiées", et contesté la déduction du salaire versé à Stéphane Collaro. Précisément, l'animateur a "imputé des déficits non justifiés, qui ont eu pour effet de minorer l'impôt dû de 38.256 euros", indique le jugement. Le fisc a donc notifié un redressement fiscal réintégrant toutes ces sommes, et appliquant même une pénalité de retard de 10%. C'est ce redressement qui a été contesté par Stéphane Collaro.

Défiscalisation dans les Antilles

Le père de Cocoricocoboy s'est défendu comme il a pu. D'abord, il a demandé -mais en vain- de déduire de son dû la pension alimentaire versée à son ex-femme, soit 18.000 euros.

Ensuite, il a aussi argué -mais toujours en vain- qu'il fallait aussi déduire de son impôt les pertes subies par Patou Caraïbes SARL. Cette société, détenue par l'animateur et sa famille, est immatriculée dans l'île de Saint Martin (Antilles), où elle loue des voitures de tourisme (via la SARL Summer Set), et opère une résidence de luxe baptisée Caye Blanche. L'animateur habite cette résidence, mais propose aussi sept chambres à la location, pour un prix allant jusqu'à 2.200 euros par nuit et par chambre. Stéphane Collaro a demandé au fisc -mais là encore en vain- d'appliquer à Patou la réduction d'impôt accordée aux SARL familiales.

Selon Libération, l'animateur aurait aussi investi dans un autre hôtel à Saint Martin, baptisé Nettlé Bay Beach Club. Rappelons que ce type d'investissement en outre-Mer permet de réduire ses impôts en utilisant la niche fiscale Girardin (ex-Pons).

Contacté, Stéphane Collaro a répondu: "J'ai réglé tout ce que le fisc me réclamait. J'ai été mal conseillé par mon conseiller fiscal, contre lequel je me suis retourné. Mais, pour être remboursé par l'assurance, j'étais obligé d'épuiser toutes les voies de recours. C'est pour cela que j'ai contesté le redressement fiscal jusqu'au Conseil d'État".

Jamal Henni