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Sans perspectives, le monde du champagne craint le désastre pour la fin d'année

"On peut se permettre de mal travailler au printemps mais pour le champagne, le dernier trimestre c'est 40% des ventes et là, cela nous fait très peur si on a une nouvelle vague ou de nouvelles restrictions" témoigne Julien Duval-Leroy, DG adjoint de la célèbre maison.

C'est un mauvais alignement des planètes pour le champagne. Alors que les vendanges vont débuter dans les prochaines semaines, le secteur traverse une crise majeure de son histoire en raison du coronavirus. Si bien que les vignerons et les maisons de négoce ne se sont pas encore mis d'accord sur le rendement à l'hectare qui doit être fixé cette année.

Pour les maisons, il s'agit notamment de limiter la production pour éviter la surproduction et des bouteilles impossibles à vendre. Car les temps sont particulièrement durs. "C'est pareil dans tous les pays" se lamente sur BFM Business, Julien Duval-Leroy, DG adjoint de la célèbre maison. "On ne peut pas se rattraper à l'export" alors que 50% des ventes se font à l'étranger. "Les vente sont faibles voire très faibles partout" résume-t-il.

"On n'a pas de visibilité"

Et pour la France, ce n'est pas mieux. "On n'a pas de visibilité" explique-t-il. "On travaille avec le Moulin Rouge et le Lido mais ils n'ont pas de visibilité de réouverture donc on ne peut pas les réapprovisionner. On travaille avec des compagnes aériennes comme Air France" mais là encore, les compagnies "ont suspendu leur vol à l'international" donc "ils nous décalent les commandes." Dans la haute gastronomie, les clients étrangers ne sont pas là "donc les établissements pour la plupart sont encore fermés".

A cette cascade de difficultés, on peut encore ajouter le maintien des taxes américaines sur les exportations de champagne…

Méventes catastrophiques 

"Alors on joue la prudence, on réduit les coûts et on fait le plus attention possible aux dépenses" poursuit l'héritier des Duval-Leroy, qui souligne "quelques espoirs au Japon dans la restauration" même si les hôtels qui devaient commander du champagne pour les Jeux Olympiques sont évidemment restés clos. Reste la vente par internet qui se développe mais ne compensera pas les pertes.

"Ce qui nous fait extrêmement peur, c'est l'état des ventes" ou plutôt des méventes qui sont cette année "catastrophiques depuis mars" s'inquiète Julien Duval-Leroy. "On peut se permettre de mal travailler au printemps mais pour le champagne, le dernier trimestre c'est 40% des ventes et là, cela nous fait très peur si on a une nouvelle vague ou de nouvelles restrictions. "

Thomas Leroy