BFM Business

RTL conteste en justice le slogan de NRJ

BFM Business

RTL a porté plainte contre sa rivale devant le tribunal de commerce de Paris, estimant que son jingle "radio number one" constituait une concurrence déloyale.

"NRJ, radio number one". Tel est le célèbre jingle de la station depuis trente ans, diffusé toutes les heures.

Un jingle qui déplaît à RTL. La première radio de France a décidé d'attaquer sa rivale devant le tribunal de commerce de Paris pour "concurrence déloyale et pratique commerciale trompeuse". La filiale de Bertelsmann demande à ce que son concurrent cesse d'utiliser ce jingle.

Interrogé, RTL explique que ce jingle "est de nature à entretenir la confusion sur le classement d'audience où NRJ ne peut prétendre à la place de numéro un, selon Médiamétrie". En effet, RTL est devant NRJ selon tous les critères: audience cumulée, part d'audience et durée d'écoute. Certes, NRJ a été leader en audience cumulée en 2002-2006 puis en 2013-2016. Mais RTL a repris le leadership sur ce dernier critère depuis le printemps 2016. 

Pour étayer sa plainte, RTL a fait réaliser un sondage qui montre que "les Français, dans leur grande majorité, assimilent ce jingle à une position de leader dans les audiences radio".

"Intimidations et représailles"

De son côté, NRJ rétorque que cette plainte "de pure circonstance est totalement infondée". Pour la radio de Jean-Paul Baudecroux, ce jingle utilisé depuis 1988 "est intimement lié à NRJ comme l’expression sonore de l’identité même de la radio. Il se confond avec cette identité et n’a donc absolument rien à voir avec un classement d’audience. C'est d'autant plus vrai que lors des premières utilisations de ce jingle, NRJ n'était pas la première radio française, sans que cela suscite une quelconque réaction de RTL".

NRJ estime donc que cette plainte "plus que tardive est donc clairement destinée à nuire à un concurrent, à des fins d’intimidation et de représailles à la suite de la procédure engagée par NRJ pour faire sanctionner la fraude massive aux audiences organisée par Fun", radio qui appartient au même groupe que RTL.

En effet, NRJ a attaqué RTL devant le même tribunal suite aux audiences gonflées de Fun, réclamant pas moins de 22 millions d'euros de dommages. La radio de Jean-Paul Baudecroux a même celle qui a repéré la première les pratiques de Fun.

Et d'une manière générale, la radio de Jean-Paul Baudecroux tacle régulièrement RTL. Par exemple, elle communique ainsi sur le fait qu'elle dépasse sa rivale sur les auditeurs de moins de 75 ans, soulignant en creux l'âge avancé de l'auditoire de RTL... Et Jean-Paul Baudecroux ne manque pas une occasion de rappeler que RTL appartient à un groupe allemand, Bertelsmann.

-
- © -

Fun fait la paix avec Lagardère, Skyrock et les Indépendants

Suite aux audiences gonflées artificiellement de Fun, tous les groupes de radio ont porté plainte contre Fun devant le tribunal de commerce, réclamant au total 53 millions d'euros de dommages.
Selon Fun, trois groupes ont depuis retiré leurs demandes de dommages: Skyrock (qui réclamait 8,5 millions d'euros), Lagardère (10 millions d'euros) et le GIE les Indépendants (4 millions d'euros). Selon le Figaro, Fun aurait accepté de verser à Lagardère et aux Indés un chèque d'environ 2 millions d'euros chacun en échange de ces retraits (affirmation que Fun ne souhaite pas commenter).
Fun indique que ces demandes ont été retirées après "l'arrêt de la cour d'appel de Versailles du 14 décembre 2017 accordant à Fun sa demande d'expertise sur les corrections effectuées par Médiamétrie".
Se poursuivent donc les procédures engagées par NRJ, MFM, et NextRadioTV (propriétaire de ce site web).
Contactés, Skyrock s'est refusé à tout commentaire et Lagardère n'a pas répondu.

Jamal Henni