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Quand Eric Naulleau traitait de "con" Sébastien Cauet

L'animateur vient d'être remercié par NRJ

L'animateur vient d'être remercié par NRJ - AFP Thomas Samson

SÉRIE D'ÉTÉ: LES STARS DANS LE PRÉTOIRE. Sébastien Cauet, traité de "con" par Eric Naulleau sur le plateau d'On n'est pas couché, l'a attaqué pour injure publique, réclamant 70.000 euros. Bien mal lui en a pris...

De 2003 à 2008, Sébastien Cauet est au faîte de sa gloire: chaque jeudi soir, il anime la Méthode Cauet sur TF1. La Une lui confie alors une émission en prime time baptisée Cauet retourne la télé. L'animateur en est si fier qu'il en fait un DVD, dont il vient faire la promotion le 11 juin 2007 dans l'émission J'ai mes sources de Colombe Schneck sur France Inter. Le DVD est qualifié de "consternant" par l'un des chroniqueurs de l'émission, Eric Naulleau.

La critique ne plaît guère à Cauet, qui répond: "Je suis un peu plus connu que vous. Qui êtes-vous pour me balancer ça? Un type qui est à la fin de sa carrière en radio. Vous commencez à vous prostituer pour faire de la télé. Vous avez vu souvent le train passer, et vous vous raccrochez au dernier wagon". Et conclut: "vous me cassez les couilles".

"Quand on est con, on est con"

Le match retour a lieu le 10 novembre 2007 dans On n'est pas couché. L'invité est Jean-Marc Morandini, venu présenter son livre, Télé: l'implosion chronique d'un désastre annoncé. Le chroniqueur Eric Naulleau trouve le livre trop indulgent sur les émissions de Cauet, et assène: "Je suis plutôt sur une version pessimiste, version Brassens, voyez. Le temps ne change rien à l'affaire. Quand on est con, on est con. Moi, je suis sur la ligne Brassens".

Furieux, Sébastien Cauet annonce alors porter plainte contre Eric Naulleau pour injure publique, réclamant au total 70.000 euros.

La plainte laisse Eric Naulleau de marbre. Dans Télé star, le chroniqueur rappelle qu'après leur première rencontre, Cauet l'"avait traité hors micro devant témoins de 'petit trou du c...' Il ne m'était pas venu à l'idée de porter plainte à l'époque". "Cauet passe son temps à se foutre du monde et ne supporte pas qu’on l’attaque. En même temps, sa carrière est sur le déclin, donc il s’énerve plus facilement", ajoute-t-il dans France soir.

De la merde, la Chatte, le Clito et Troud'bal king

Mais Cauet est décidé à aller jusqu'au bout. Et sa plainte est très sérieusement examinée par la 17e chambre du tribunal de grande instance de Paris, spécialisée dans les délits de presse. 

Dans sa plainte, Cauet rappelle l'origine et le sens du mot "con", Wikipedia à l'appui, et liste moult condamnations de pauvres hères qui avaient été traités de "pauvre con", "sale con", gros con", ou encore "petit con".

Pour se défendre, Eric Naulleau cite moult vulgarités dans les émissions de Cauet, mais aussi dans ses chansons, poétiquement intitulées De la merde, la Chatte, le Clito, ou encore Troud'bal king. Il arguera aussi que Cauet aurait plutôt du porter plainte, non pour injure, mais pour "diffamation"... 

Cas épineux

Face à ce cas épineux, les juges mettront un mois et demi après l'audience pour rendre un verdict. "Le terme 'con' appartient à un registre très familier et même vulgaire", admettent-ils dans le jugement. Toutefois, "Eric Naulleau n'a pas traité Sébastien Cauet de con, mais a repris une partie d'une célèbre chanson de Georges Brassens. L'emploi des termes extraits d'une chanson ne revêt pas de caractère injurieux envers Sébastien Cauet, mais constitue l'expression d'une opinion, certes très critique, négative et même potentiellement blessante", concluent-ils.

Ils déboutent donc Sébastien Cauet et le condamnent à rembourser ses frais de procédure à Eric Naulleau. Un verdict que Cauet se gardera bien de médiatiser, contrairement à sa plainte. 

Contactée, l'attachée de presse de Cauet n'a pas répondu, tandis que Christophe Bigot (avocat d'Eric Naulleau) n'a pas souhaité faire de commentaires. 

Retrouvez les autres épisodes de la série ici.

Jamal Henni et Simon Tenenbaum