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Qatar 2022: un rapport explique les abus sur les ouvriers

Maquette du stade de Port Doha, qui sera construit sur une péninsule artificielle du Qatar.

Maquette du stade de Port Doha, qui sera construit sur une péninsule artificielle du Qatar. - -

Selon un rapport commandé par une fondation de Doha et paru ce 13 juillet, les abus, l'endettement et le travail forcé pour les travailleurs étrangers au Qatar sont liés à leur mode de recrutement.

Corruption à la FIFA, conditions de travail inhumaines: la Coupe du monde 2022 au Qatar n'en finit pas de provoquer des scandales. Doha est bien décidée à y mettre fin. Sa fondation a commandé un rapport sur les abus subis par les travailleurs étrangers qui construisent les infrastructures du Mondial 2022 sur son sol. Selon le document, rendu public ce 13 juillet, les procédures de recrutement sont en cause.

Ce rapport a été commandé par Qatar Foundation, qui travaille dans l'éducation, les sciences et le développement et que dirige cheikha Moza bint Nasser al-Masnad, la mère de l'émir. Son but est de d'analyser et de trouver des solutions aux mauvaises conditions de travail des ouvriers, en majorité étrangers, sur les chantiers de la Coupe du monde de football.

Le rapport étudie les cas de cinq pays: Philippines, Népal, Bangladesh, Sri Lanka et Inde. Il recommande "une plus grande réglementation du travail des agences de recrutement" et une plus grande coopération entre gouvernements des pays hôte et d'origine.

De "l'esclavage moderne"

Il préconise en outre que le paiement d'honoraire de ces agences par les travailleurs, à l'origine de leur endettement, soit supprimé. Il serait remplacé par des frais à la charge des entreprises qui les embauchent. Les autorités qatari doivent s'assurer que les salaires soient payés "en temps voulu" et versés directement sur des comptes des employés, ajoute ce texte.

Travail forcé, salaire inexistant depuis plusieurs mois, papiers confisqués afin qu'ils ne puissent pas obtenir un statut de travailleur légal: en septembre 2013, une enquête du Guardian (article en anglais) révélait les conditions de travail de l'ordre de "l'esclavage moderne" auxquelles sont soumis les travailleurs népalais qui construisent les infrastructures pour le Mondial 2022 au Qatar.

De nombreuses ONG et syndicats internationaux ont également relayés ces critiques. Doha, après avoir rejeté ces accusations, a finalement décidé d'abolir le Kafala (parrainage), un système controversé qui met les travailleurs étrangers à la merci de leurs employeurs.

Le Qatar détient le record du monde de la part de main d'œuvre immigrée. Selon le Guardian, plus de neuf travailleurs sur dix sont étrangers, et parmi eux 40% de Népalais.

N.G. avec Reuters