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Publicis et Omnicom mettent fin à leur projet de fusion

Maurice Levy et John Wren annulent la fusion entre leurs groupes

Maurice Levy et John Wren annulent la fusion entre leurs groupes - -

Omnicom et Publicis ont annoncé dans la nuit de vendredi qu'ils renonçaient à leur projet de fusion lancé en juillet dernier. Sur BFMBusiness ce 9 mai, Maurice Levy vient de confier que Publicis ne recherchera pas de nouveaux partenaires. Il précise vouloir rester à la tête de son groupe jusqu'à la fin 2015.

Le communiqué est tombé ce vendredi 9 mai à 2 heures du matin. Publicis et Omnicom "annoncent aujourd'hui conjointement qu'ils ont mis un terme à leur projet de fusion entre égaux d'un commun accord, au vu des difficultés à clore la transaction dans des délais raisonnables".

Le communiqué ajoute: "les deux parties se sont libérées de toute obligation mutuelle liée au projet de transaction et aucun frais n'est dû par aucune des deux parties". La décision été approuvée à l'unanimité par le directoire de Publicis et le conseil d'administration d'Omnicom.

"Nous avons donc décidé conjointement d'aller chacun de notre côté. Nous restons bien entendu concurrents mais nous avons toujours un grand respect l'un pour l'autre", poursuit le communiqué. La fusion "n'a jamais été une nécessité, les deux groupes se portant très bien. C'était plutôt une belle opportunité", a expliqué ce vendredi Maurice Lévy, le patron de Publicis, dans une note à ses salariés.

Dans Good Morning Business sur BFM Business ce vendredi, Maurice Lévy a confié que "Publicis allait accélerer mais ne rechercherait pas de nouveaux partenaires". "La vie aurait été très très belle avec Omnicom. Mais elle est très belle avec Publicis". Le patron du groupe français a cependant reconnu que "les défis face aux géants du web" dans la publicité demeuraient.

D'ailleurs, "les deux premiers messages que j'ai reçu sont venus de Facebook et de Google. Tous les deux sont maris de ce qui vient d'arriver. Ils me disent qu'ils ont besoin d'un partenaire comme Publicis", a-t-il ajouté.

Il a en outre assuré que le conseil de surveillance lui conservait son soutien. Ses membres "considèrent que nous avons géré les choses comme il le fallait. ils soutiennent à 250% la décision". Maurice Levy, 72 ans, a enfin annoncé qu'il resterait jusqu'à la fin de son mandat à la tête de Publicis, c'est à dire en décembre 2015.

Exit le nouveau numéro un mondial

Voici quelques semaines, le Wall Street Journal avait fait état de retard dans le projet de fusion qui devait intervenir initialement début 2014. Selon le quotidien des affaires, une lutte de pouvoir entre les deux groupes et les deux pésidents, Maurice Levy et John Wren, est à l'origine du divorce. De plus, les deux groupes n'étaient pas en ligne sur le montage fiscal de l'opération. 74 groupes de travail entre collaborateurs des deux entités avaient pourtant été mis en place.

Les deux groupes n'étaient pas plus d'accord sur le nom du futur chef de la direction financière: Publicis voulait que ce soit le sien, Jean-Michel Etienne, alors qu'Omnicom proposait son propre directeur financier Randall Weisenburger. A cela s'est ajouté la difficulté d'obtenir le feu des autorités de la concurrence dans certains pays, comme La Chine.

Les deux groupes avaient annoncé en juillet 2013 leur intention de se marier pour former le numéro un mondial de la publicité. Il devait employer 130.000 personnes dans le monde pour un chiffre d'affaires d'une vingtaine de milliards d'euros, dépassant ainsi le britannique WPP.

Omnicom est l'actuel numéro deux mondial de la publicité et Publicis le numéro 3. Le nouveau groupe, qui devait être baptisé Publicis Omnicom Group et dont le capital devait être partagé à égalité entre les actionnaires des deux sociétés, devait être co-dirigé par les deux patrons actuels.

P.C avec AFP