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Pourquoi le Premier ministre chinois n’est pas à Paris

Li Keqiang a visité Marseille, Arles et Toulouse après un court séjour dans la capitale.

Li Keqiang a visité Marseille, Arles et Toulouse après un court séjour dans la capitale. - Remy Gabalda - AFP

Après un court séjour dans la capitale, Li Keqiang et la délégation chinoise ont poursuivi leur visite dans le sud de la France, notamment à Marseille et à Toulouse. Un parcours à l’initiative des autorités françaises.

Marseille et Arles mercredi, Toulouse ce jeudi. Une fois n’est pas coutume, le Premier ministre chinois s’est offert une promenade méridionale lors de sa visite officielle en France. L’occasion pour lui d'affirmer qu’il avait trouvé la région "très belle et très intéressante".

Une déclaration qui tombe plutôt bien, au moment où les autorités tricolores affichent leur intention de doubler le nombre de touristes chinois dans l’hexagone. "On aimerait que le chiffre passe de 1,5 à environ 3 millions par an", confirme Romain Nadal, porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Problème : actuellement, la majorité d’entre eux ne jurent que par la capitale. Sur 1,23 million de Chinois ayant dormi au moins une nuit en France l'an passé, plus de 850.000 s'étaient concentrés en Ile-de-France. Soit un taux de 71,3% en faveur de la région parisienne, selon les chiffres d'Atout France, l'agence de développement touristique de la France.

"Découvrir d'autres facettes de la civilisation française"

La visite du chef d’Etat représente ainsi une occasion rêvée pour la France de "faire découvrir à ses hôtes d’autres facettes de la civilisation française. Cela change du traditionnel circuit parisien Elysée-Matignon-Assemblée nationale", se réjouit le Quai d’Orsay.

A l’initiative des services de Laurent Fabius, la délégation chinoise a donc fait une halte à Marseille, où elle a notamment visité le Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (MuCEM). Mais aussi à Arles, qui a largement inspiré la ville chinoise de Chongqing, comme le rappelle La Provence.

Contrats à foison

Mais la visite de Li Keqiang dans le sud de la France est surtout l’occasion pour l’Etat de faire d’une pierre deux coups. Après l'avalanche de contrats signés mardi à Paris avec Alstom, Engie ou encore Airbus, qui a reçu une commande de 16,1 milliards d'euros pour 75 avions A330, c’était au tour de la compagnie maritime CMA CGM de signer de nouveaux accords très lucratifs mercredi.

Jeudi à Toulouse, ST Microelectronics en a fait de même avec un contrat de 500 millions de dollars avec le groupe Huawei. Enfin, Alcatel-Lucent et deux opérateurs chinois ont conclu un accord évalué à plus d’un milliard de dollars. Preuve que la province peut, elle aussi, se montrer attractive.

Y.D.