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Pourquoi Besson a mis 20 ans pour donner figure humaine à Valérian

La série animée produite en 2004 par Luc Besson

La série animée produite en 2004 par Luc Besson - Satelight Europacorp Dargaud Marina

Luc Besson a d'abord adapté la BD du même nom en dessin animé, avant de tenter en vain d'en faire un long métrage d'animation, qui devait être réalisé par l'auteur de Ghost in the shell.

Ce mercredi 26 juillet sort Valérian et la cité des mille planètes, le film adapté de la bande dessinée de Christin et Mézières parue dans les années 70. L'aboutissement d'un rêve de longue date pour son réalisateur, Luc Besson, qui dévorait cette BD lorsqu'il était adolescent.

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Il a en effet songé de nombreuses fois à une adaptation. La première fois fut lors du tournage du Cinquième élément, en 1997. Luc Besson avait embauché Jean-Claude Mézières comme directeur artistique des décors. "Mézières m'a dit: 'Pourquoi fais-tu ce film merdique? Pourquoi ne fais-tu pas Valérian?' Ma première réponse fut: 'Parce que c'est impossible'. Dans mon souvenir, il y avait deux acteurs et un milliard de monstres, et je ne savais pas comment faire. J'ai relu la BD, et je suis arrivé à la même conclusion: impossible. Mais chaque année, je regardais à nouveau, et je pensais que peut-être un jour ce serait possible. Donc j'ai pris une option [sur les droits d'adaptation]", a expliqué le réalisateur au magazine américain Deadline.

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Pour résoudre ce problème d'adaptation, Luc Besson a d'abord choisi la solution du dessin animé. En 2004, il a co-produit une série de 40 épisodes baptisée Valérian et Laureline, avec Dargaud (l'éditeur de la bande dessinée), Avalanche Productions, Ellipsanime, Piktak et le japonais Satelight. D'un budget d'une dizaine de millions d'euros, elle était diffusée sur Canal Plus et France 3, et est rediffusée actuellement sur Mangas.

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Ce qu'on ne sait pas, c'est qu'il a aussi travaillé à l'époque sur un projet de long métrage animé. Il devait être réalisé par le Japonais Mamoru Oshii, l'auteur de Ghost in the shell et devait coûter 16,5 millions de dollars, un budget bien modeste comparé aux 197 millions d'euros du film qui sort mercredi, plus gros budget de l'histoire du cinéma européen... Mais finalement, le projet sera abandonné, notamment en raison du changement de stratégie de Dargaud, qui renonça en 2004 à co-produire des longs métrages d'animation.

C'est la sortie en 2009 du film Avatar de James Cameron qui relancera le projet. Un des premiers spectateurs est bien sûr Luc Besson: "J'ai été épaté. Je l'ai vu et j'ai dit: 'OK, maintenant on peut faire ça'. J'ai pu voir qu'on pouvait tout faire maintenant. Le film a prouvé que l'imagination était la seule limite. [...] Il n'y a plus de limite dans les effets spéciaux aujourd'hui. Vous pouvez faire tout ce que vous voulez. C'est une très, très bonne nouvelle pour les gens comme moi".

Jamal Henni