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Malgré une santé de fer, Disney va cesser de payer plus de 100.000 employés

Mickey Mouse.

Mickey Mouse. - Bertrand Guay - AFP

Le groupe américain, qui a affiché un chiffre d'affaires de plus de 20 milliards de dollars l'année dernière, est de plus en plus critiqué pour ses sévères mesures d'économies budgétaires. Bien plus sévères que ses concurrents.

Disney a perdu un peu de sa magie. Le groupe de divertissement américain s'apprête à suspendre le salaire de plus de 100.000 de ses employés dans le monde pour économiser jusqu'à 500 millions de dollars par mois dans ses parcs à thème et ses hôtels, fermés depuis un mois.

Cette annonce a entraîné de nombreuses critiques alors que les propriétaires de parcs à thème concurrents aux Etats-Unis (et notamment NBCUniversal et WarnerMedia) se sont montrés moins drastiques dans leurs mesures de coupes budgétaires.

Surtout, Disney affiche une santé financière en or, après une année 2019 très prolifique. Son chiffre d'affaires a bondi de 36% à 20,85 milliards de dollars avec un bénéfice par action ressorti à 1,53 dollar quand Wall Street misait sur 1,46.

Chômage partiel en France

Bien sûr, le coronavirus est passé par là mais de nombreux observateurs soulignent que le groupe américain avait les coudées franches pour maintenir le salaire des employés. "Ils pouvaient se le permettre" a expliqué Rich Greenfield, analyste chez BTIG, au Financial Times. En outre, Disney peut s'appuyer sur le succès de sa plateforme de streaming vidéo Disney+ pendant le confinement. Ce nouveau concurrent de Netflix a passé la barre des 50 millions d'abonnés dans le monde il y a une dizaine de jours. 

Le Financial Times rappelle, par ailleurs, que Total ou encore L'Oréal ont refusé de faire appel à l'Etat "en signe de solidarité avec les contribuables". Les salariés de Disney devront s'inscrire au chômage de l'administration américaine et les 17.000 employés de Disneyland seront placés au chômage partiel. Le groupe devait aussi mettre fin aux contrats de 350 intermittents du spectacle mais un accord a été trouvé la semaine dernière, pour qu'ils puissent bénéficier du chômage partiel. 

Avenir sombre pour les parcs

Cette décision peut néanmoins s'expliquer par les perspectives sombres pour la marque aux grandes oreilles qui s'attend à un "arrêt très prolongé" de ses parcs dans le monde. Ces derniers ont dégagé, l'année dernière près de 7 milliards de dollars de revenus d'exploitation. Le manque à gagner, combiné à leur entretien, risque de peser lourd dans les finances de Disney.

Les dirigeants, Bob Iger et Bob Chapek, ont aussi renoncé à une partie de leur rémunération pour l'année 2020. En revanche, pas de précision sur l'avenir des primes annuelles et autres bonus. En 2019, Bob Iger a touché 47,5 millions de dollars (43,2 millions d'euros), avant de laisser la direction générale à Bob Chapek.

Thomas Leroy