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Les touristes boudent la Polynésie française

En cinq ans, sept hôtels ont deserté l'archipel français.

En cinq ans, sept hôtels ont deserté l'archipel français. - -

La fréquentation de l'archipel français ne cesse de reculer. En 2000, plus de 233 000 touristes s'étaient rendus dans ce lieu paradisiaque. Onze ans après, ils sont 70 000 de moins. La faute aux prix des vols qui ne cessent de grimper et des grèves à répétition.

C’est l’histoire du serpent qui se mord la queue. D’une part, la fréquentation touristique de la Polynésie française ne cesse de baisser. Le nombre de touristes est ainsi passé de 233 236 en 2000 à 162 776 en 2011, selon un rapport du Service du Tourisme polynésien. D'autre part, la grève de la compagnie aérienne Air Tahiti Nui, la semaine dernière, n'a fait qu’empirer la situation.

C'est justement les liaisons aériennes qui constituent le cœur du problème. Les billets sont de plus en plus chers: il faut ainsi débourser 2000 euros minimum pour effectuer un Paris-Papeete. En dépit de ces tarifs prohibitifs, Air Tahiti Nui est structurellement déficitaire. Selon Les Echos, la compagnie aérienne aurait accumulé un déficit de 100 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 240 millions, en 2011.

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Le tourisme polynésien subit ainsi la logique d'une spirale infernale: la baisse des flux touristiques entraîne des vols plus chers puisqu'ils ne volent pas à plein. Et ces prix rebutent donc les éventuels touristes.

Principales victimes de ce cercle vicieux: les hôtels. Sept ont mis la clef sous la porte en cinq ans, dont les deux Club Med. Le dernier en date est le Sofitel Maeva Beach Resort, l'un des fleurons de l'île depuis plus de quarante ans. Cet hôtel va fermer en novembre prochain. Ses pertes cumulées auraient atteint 16 millions d'euros.

Karine Vergniol