BFM Business

Les Français regardent de moins en moins la télévision

La durée d'écoute baisse dans la plupart des pays européens

La durée d'écoute baisse dans la plupart des pays européens - Lucyviqui Wikimedia Commons CC

La durée d'écoute de la télévision a encore reculé en 2014 pour la seconde année consécutive. Une baisse due au beau temps, à une actualité plus pauvre, mais aussi à un visionnage accru sur ordinateur.

Amorcé à l'été 2012, le recul de l'audience de la télévision se poursuit. En 2014, les Français ont regardé la télévision 3h41 par jour en moyenne, soit 5 minutes de moins en un an. Cela s'ajoute au recul de 4 minutes déjà enregistré en 2013.

Sans surprise, ce sont les jeunes qui regardent de moins en moins la télévision, avec 11 minutes en moins en 2014.

Plus surprenant, les fameuses ménagères de moins de 50 ans, cible chérie des publicitaires, délaissent aussi le petit écran, avec 12 minutes en moins l'an passé.

Phénomène paneuropéen

Ce phénomène n'est pas spécifiquement français, comme le relevait le CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel) dans une étude: "cette baisse semble se confirmer dans de nombreux pays européens. Alors que l’Espagne a, comme la France, connu une première année de baisse en 2013, l’Allemagne et le Royaume-Uni baissent depuis 2012. Seule l’Italie, parmi les pays européens observés, présente une tendance à la hausse de sa durée d’écoute quotidienne". En outre, la baisse sur les jeunes et les ménagères est aussi constatée chez nos voisins.

De l'influence du beau temps...

Trois explications sont avancées pour expliquer ce cumul.

D'abord, l'actualité est plus pauvre. "La durée d’écoute a été exceptionnellement élevée à l’automne 2011 et au printemps 2012 du fait d’une actualité particulièrement riche: primaire socialiste de 2011, affaire Merah, élection présidentielle de 2012", relève le gendarme de l'audiovisuel.

Ensuite, la météo. En effet, le beau temps incite à éteindre son poste pour sortir dehors. Médiamétrie a même élaboré un modèle statistique qui mesure l'impact de la météo. Par exemple, sur les neuf premiers mois de 2014, la hausse de la température de 1,3 degré "équivaut à 3 minutes de durée d'écoute en moins", selon l'institut.

Des programmes moins attractifs

Last but not least, la consommation de la télévision évolue. Elle se fait de moins en moins en direct, et de plus en plus en différé. Un phénomène que Médiamétrie tente d'appréhender. Il y a trois ans, l'institut a ainsi intégré les enregistrements sur magnétoscope et le léger différé, ce qui a permis de doper la durée d'écoute de quelques minutes (cf. ci dessous). Puis, en octobre 2014, la télévision de rattrapage regardée sur le téléviseur a aussi été prise en compte, ce qui représente environ 3 minutes par jour. 

Reste que la durée d'écoute calculée par Médiamétrie se limite au téléviseur, et ne tient pas compte du visionnage sur d'autres terminaux, comme les ordinateurs, tablettes, téléphones mobiles... Or, ces autres terminaux représentent d'ores et déjà 4 minutes d'écoute par jour, estime l'institut. Toutefois, ce chiffre ne peut être directement additionné à la durée d'écoute de la télévision, car il est obtenu avec une méthode totalement différente. Mais l'objectif d'ici 2016 est d'arriver à un chiffre unique intégrant la consommation de la télévision sur tous terminaux. 

Philippe Nouchi, directeur de l'expertise média chez Vivaki Advance, ajoute d'autres explications: "d'abord, les programmes TV sont un peu moins attractifs, car les chaînes ont dû réduire leurs dépenses de programmes suite à la crise du marché publicitaire, et notamment laissé partir sur les chaînes payantes des contenus comme les grands événements sportifs. Ensuite, beaucoup de jeunes -et de moins jeunes- consomment moins de contenus télévisuels au profit d'autres contenus vidéo sur le web, qu"ils soient piratés ou non". 

Jamal Henni