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Les Echos rachètent Netexplo

Les pertes du quotidien sont compensées par les diversifications

Les pertes du quotidien sont compensées par les diversifications - Les Echos

La filiale de LVMH poursuit ses diversifications en rachetant ce cabinet de conseil spécialisé dans le numérique.

Le groupe Les Echos poursuit ses diversifications. Mardi 30 mai, la filiale de LVMH a annoncé le rachat de 78% de Netexplo, cabinet de conseil spécialisé dans le numérique. Créée en 2003, cette société a engrangé un chiffre d'affaires de 4,4 millions d'euros (+33%) lors de l'exercice clos mi-2016.

C'est la quatrième acquisition réalisée par le quotidien économique, après Dematis (information sur les marchés publics) et Régiepresse (publication d'annonces) en 2014, puis Pelham (brand content) en 2016, auxquels s'ajoute bien sûr le Parisien.

Grâce à ces acquisitions, les services aux entreprises représentent désormais 35% du chiffre d'affaires du groupe, soit plus que la publicité (un tiers du chiffre d'affaires) ou les abonnements (22%).

Surtout, les sociétés rachetées sont toutes très rentables: 24% de marge nette pour Dematis, 16% pour Pelham, et 10% pour Netexplo.

Le quotidien reste déficitaire

Au final, ces diversifications permettent au groupe Les Echos d'être globalement rentable au niveau opérationnel depuis 2014, alors que le quotidien lui-même reste déficitaire. "Le quotidien perd de l'argent, mais ça n'a pas d'importance. L'important, c'est le groupe, c'est la marque Les Echos, qui est bénéficiaire", a expliqué mardi le président Francis Morel.

Toutefois, jusqu'en 2015, le résultat net du groupe est resté dans le rouge, plombé par l'amortissement de l'acquisition du journal en 2008 par LVMH pour 240 millions d'euros (plus 107 millions d'euros de reprise de dettes). "C'est un choix comptable de l’actionnaire sans impact opérationnel", précise le quotidien.

Le journal le plus numérisé

Au total, le numérique pèse déjà 30% du chiffre d'affaires du groupe. Il représente notamment 80% des 9,8 millions de lecteurs, et 35% des 129.000 exemplaires payants diffusés chaque jour. Et l'objectif est qu'il représente 50% de la diffusion d'ici 18 mois. Au total, "les abonnements devraient continuer à augmenter de 5% par an dans les années qui viennent", a promis le directeur général Christophe Victor. 

Le groupe entend continuer à mettre l'accent sur le numérique. Mardi, il a annoncé un partenariat avec LinkedIn; le lancement de The Innovator, un supplément en langue anglaise; et enfin un fonds d'investissement, Augesco, qui prendra des participations dans des start-up en échange de campagnes de publicité dans les Echos ou le Parisien.

Le groupe Les Echos (en 2015, en millions d'euros)

Les Echos SAS
Chiffre d'affaires: 93,5 Résultat net: -1

Investir
Chiffre d'affaires: 15,2 Résultat net: +1,1

Radio Classique
Chiffre d'affaires: 9,9 Résultat net: -1,6

Connaissance des arts
Chiffre d'affaires: 7,5 Résultat net: -0,2

Les Echos Medias
Chiffre d'affaires: 50,5 Résultat net: -0,8

Les Echos Publishing
Chiffre d'affaires: 10,7 Résultat net: +2

Les Echos Management
Chiffre d'affaires: 8,9 Résultat net: -0,7

Les Echos Legal
Chiffre d'affaires: 4,2 Résultat net: -0,6

Regiepress
Chiffre d'affaires: 5 Résultat net: +0,2

Dematis
Chiffre d'affaires: 2,6 Résultat net: +0,6

Le salon des entrepreneurs (Les Echos Business)
Chiffre d'affaires: 21,1 Résultat net: +0,4

Pelham Media Ltd
Chiffre d'affaires: 11,3 Résultat net: +1,8

Source: comptes sociaux

Les résultats du Groupe Les Echos (en millions d'euros)

Chiffre d'affaires

2012: 153 2013: 152 2014: 155 2015: 163 2016: 172

Résultat opérationnel courant avant amortissements
2012: -6,5 2013: -2,7 2014: +0,2 2015: +0,4 2016: +1,6

Résultat net
2012: -34 2013: -25 2014: -24 2015: -25 2016: 0

Source: BFM Business

Jamal Henni