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Le Qatar accusé d'esclavagisme

44 travailleurs népalais sont morts sur les chantiers qataris entre juillet et août 2013.

44 travailleurs népalais sont morts sur les chantiers qataris entre juillet et août 2013. - -

Une quarantaine de travailleurs népalais sont morts sur des chantiers du pays hôte du mondial de foot 2022. Ce 27 septembre, les instances sportives se posent la question d'y maintenir l'évènement.

Selon des informations du quotidien britannique The Guardian, une quarantaine de travailleurs népalais seraient morts sur des chantiers du pays hôte du mondial de foot 2022. Plusieurs organisations internationales s'étaient déjà alarmé des conditions de travail déplorables dans le pays. Ce vendredi 27 septembre, c'est au tour des instances sportives, FIFA et Comité d'organisation du Mondial, de se poser la question de maintenir l'événement à Doha.

Depuis plusieurs années, la ville de Doha est un chantier à ciel ouvert. Avec la coupe du monde de foot à venir, les travaux sont passés à la vitesse supérieure. Le Qatar a prévu d'investir 200 milliards de dollars pour les 10 prochaines années.

Mais l'envers du décor est sombre. Une main d'œuvre étrangère qui travaille dans des conditions irrespectueuses des droits les plus fondamentaux, des règles de sécurité inexistantes, des passeports confisqués, des salaires payés avec des mois de retard. On parle aussi de privations d'eau potable, dans un pays où les températures peuvent atteindre les 50 degrés.

4.000 ouvriers pourraient perdre la vie

Aujourd'hui, les 44 décès de travailleurs népalais entre juin et août alertent la communauté internationale. A ce rythme, a calculé le journal britannique, ce sont 4.000 ouvriers qui pourraient perdre la vie sur des échafaudages qataris.

En cause: les dérives de la Kafala, un système qui impose à tout travailleur étranger d’être sous la tutelle, souvent abusive, d'un qatari. Les pays d'origine aussi sont pointés du doigt. Ces pays pourvoyeurs de main d'œuvre, comme le Népal, le Bangladesh, ou encore le Pakistan, sont accusés de fermer les yeux.

Et pour cause, ces migrants représentent une vraie manne financière pour ces Etats. L'an dernier, les travailleurs népalais qui travaillent à l'étranger ont renvoyé dans leur pays plus de 430 millions de dollars. C'est-à-dire 22% de la richesse nationale.

Isabelle Gollentz