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Le candidat au rachat de Fram, un voyagiste en ligne boulimique

Depuis le retrait de l'offre du conglomérat chinois HNA, la seule offre de rachat sur la table était celle de Karavel-Promovacances

Depuis le retrait de l'offre du conglomérat chinois HNA, la seule offre de rachat sur la table était celle de Karavel-Promovacances - Eric Cabanis-AFP

Candidat au rachat de Fram, qui doit déposer le bilan, jeudi 29 octobre, Karavel-Promovacances a déjà acquis plusieurs voyagistes en difficulté (partirpascher.com, Ecotour.com).

La fin de partie est proche pour Fram. Créé en 1949 et employant 670 salariés, ce voyagiste traditionnel devrait remettre son avenir entre les mains d'un spécialiste du voyagiste en ligne, devenu en 15 ans un des géants français du secteur.

Fram travaille sur une cession de l'entreprise au groupe Karavel-Promovacances et son actionnaire LBO France. Depuis une semaine et le retrait de l'offre du conglomérat chinois HNA, c'était la seule offre sur la table. Ce projet de reprise devra être soumis au tribunal de commerce de Toulouse, auprès de qui l'entreprise doit déposer le bilan jeudi 28 octobre.

Le seul repreneur déclaré, Karavel, a été créé en 2000 et est détenu à 75% par le fonds LBO France depuis mai 2011.

Un voyagiste à la fois tour-opérateur et distributeur

Un groupe qui prise les opérations de croissance externe opportuniste. En 2001, il a repris Promovacances, un site en cessation de paiement qui avait débuté sur le minitel mais qui a raté son virage internet. Il est même devenu sa marque phare aux côtés d'une kyrielle d'autres marques (Tati Voyages, ABcroisière, Un Monde à deux, Clubprivevacances...) en grande partie acquises, elles aussi.

Le groupe qui emploie près de 700 personnes pour un chiffre d’affaires d’environ 430 millions d’euros (en 2013), a la particularité de cumuler l’activité de tour-opérateur avec celle de distributeur de voyage sur Internet : il produit et commercialise ses propres séjours et développe des partenariats avec une sélection de tours-opérateurs externes.

Cet acteur de l'internet s'est aussi fait une spécialité du rachat de voyagistes en difficulté comme Ecotour (en 2014) ou le site partirpascher.com (en 2008).

En rachetant Fram à l'issue de son dépôt de bilan, il poursuivrait dans cette cette voie qui lui permet de restructurer à moindre frais des voyagistes en panne de stratégie ou de clients.

Sa filiale de voyages à petit prix, Plein Vent, aussi bien que la marque Fram, toujours populaire, intéressent au plus haut point le repreneur.

Fram aurait besoin de 20 millions d'euros

Sauf qu'il n'a pour l'instant pas dévoilé son projet de reprise de Fram, sa stratégie tout comme le montant qu'il souhaite y consacrer restant inconnus. Relancer Fram ne sera pas une mince affaire compte tenu des 670 emplois en jeu.

Créé en 1949, fort d'une cinquantaine d'agences en propre, Fram, acronyme de Fer-Route-Air-Mer, a transporté plus de 50.000 personnes cet été.

Très implanté dans le bassin méditerranéen, le tour-opérateur toulousain a subi de plein fouet les conséquences du printemps arabe et tente depuis de se redresser. Selon le quotidien régional La Dépêche du Midi, sa trésorerie serait exsangue et il aurait un besoin immédiat de 20 millions d'euros.

Frédéric Bergé