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Le budget de la Culture va-t-il échapper à la rigueur?

La nouvelle ministre de la Culture aux prises avec les coupes budgétaires.

La nouvelle ministre de la Culture aux prises avec les coupes budgétaires. - -

Création d'une taxe sur les ordinateurs, défense de la niche fiscale sur le mécénat, dégel des crédits consacrés au spectacle vivant: les initiatives d'Aurélie Filippetti, la nouvelle ministre de la Culture et de la Communication, se heurtent à la rigueur budgétaire décidée par Jean-Marc Ayrault.

Education, justice et sécurité sont en principe les seuls domaines à échapper à la rigueur budgétaire. Selon les lettres de cadrage adressées par Jean-Marc Ayrault à tous les membres du gouvernement, le 4 juillet, les autres ministères doivent voir leurs dépenses de fonctionnement baisser de 7% en 2013 et leurs effectifs réduits de 2,5%. La Culture devrait donc être concernée.

A Bercy, on se demande pourtant si Aurélie Filippetti, la nouvelle ministre de la Culture et de la Communication, a bien compris la discipline imposée aux ministres. En tout cas, ses récentes initiatives ont eu le don d'irriter son collègue chargé du Budget, Jérôme Cahuzac: annonce d'une taxe sur les ordinateurs pour financer l'audiovisuel, déblocage de 23,5 millions d'euros de crédits destinés au spectacle vivant, retour de la TVA à 5,5% sur le livre, et surtout défense de la réduction d'impôt liée au mécenat d'entreprise, qui coûte quelque 600 millions par an aux caisses de l'Etat.

Budget "sanctuarisé"

Comme Jack Lang en son temps, Aurélie Filippetti se retranche derrière la volonté élyséenne de défendre la culture. François Hollande n'a-t-il pas promis de "sanctuariser le budget de la culture" durant son quinquennat? Martine Aubry voulait, elle, augmenter ce budget de 30 à 50%.

Mais, même la promesse de Hollande cadre mal avec la nécessité de réduire les dépenses publiques. D'autant que le candidat n'a pas hissé la culture au rang de secteur prioritaire. Entre Bercy et Filippetti, les négociations vont donc être chaudes jusqu'en septembre, au moment de finaliser le projet de loi de finances. 

A coup sûr, les deux parties vont jouer sur les chiffres. Globalement, les dépenses consacrées par l'Etat à la culture et la communication représentent un peu plus de 13 milliards d'euros par an, tous ministères confondus. La dotation de celui d'Aurélie Filippetti représente 7,5 milliards, dont 4,6 milliards pour le cinéma et la communication et 2,7 milliards pour la culture. Pour Bercy, il y a donc encore du gras. Comme il est impératif de tailler dans les 25 niches fiscales (sur 491) qui bénéficient à la culture. Il va être difficile à Aurélie Filippetti de les défendre toutes !

Effectifs quasi stables

Elle devra faire également un effort sur les effectifs. Officiellement, 11 014 fonctionnaires sont affectés au ministère. En 2011, le non-remplacement d'agents partant en retraite n'a concerné que 33% des départs, quand ce chiffre dépassait 60% dans d'autres. De plus, les établissements publics dépendant de la culture, comme le Centre national des monuments historiques ou la Réunion des musées nationaux, emploient de leur côté 15 163 personnes et n'ont supprimé que... 31 postes. Difficile de passer une seconde année de suite entre les mailles du filet des économies.

Patrick Coquidé