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La presse gratuite dans la tourmente

20 minutes et Metronews ont stoppé leur parution certains jours du mois de janvier, notamment les mardis.

20 minutes et Metronews ont stoppé leur parution certains jours du mois de janvier, notamment les mardis. - Frederik Florin - AFP

La chute du marché publicitaire pénalise directement les journaux gratuits. Après 20 Minutes, c'est au tour de Metronews de prendre des mesures drastiques.

La presse gratuite réduit la voilure. Après 20 Minutes, c'est Metronews qui va suspendre sa parution papier certains jours en janvier pour faire des économies. C'est le Figaro qui révèle cela ce mardi 20 janvier.

Les quotidiens gratuits sont obligés de prendre des mesures drastiques alors que leur modèle économique souffre du recul du marché publicitaire.

Leurs recettes ont reculé de 6% en 2013 et encore de 12% sur le premier semestre 2014. C'est un tremblement de terre pour ces journaux totalement dépendant des annonceurs. Metronews, 20 minutes et Direct Matin ont cumulé, en 2013, 20 millions d'euros de pertes pour un chiffre d'affaires d'environ 100 millions. La progression des revenus sur internet est loin de compenser l'effondrement du papier.

Pour stopper l'hémorragie, l'heure est aux économies. 20 minutes a déjà lancé un plan de départs début 2014 et réduit le nombre d'éditions locales.

Janvier, mois très faible pour la publicité

Pour aller plus loin, 20 minutes et Metronews ont stoppé leur parution certains jours du mois de janvier, notamment les mardis, très faibles sur le plan publicitaire. Plutôt qu'augmenter leur distribution, les gratuits font tout pour remettre leurs comptes dans le vert, sans doute dans l'optique d'une consolidation.

"On a pris la décision de suspendre environ cinq parutions sur le mois de janvier, (...) qui est un mois très faible publicitairement", a déclaré Sophie Sachnine, présidente de Metronews, interrogé sur des informations du Figaro. Elle a précisé que le journal s'est toujours "adapté aux aléas du marché". Une version PDF est mise à disposition sur metronews.fr.

"Nous continuerons à paraître cinq jours par semaine à compter du mois de février", du lundi au vendredi, a assuré Sophie Sachnine, rappelant que les quotidiens gratuits ne paraissent pas pendant certaines périodes de vacances scolaires.

"J'espère que le marché publicitaire va suffisamment bien se comporter pour qu'on ait pas à reprendre ce type de mesures", a-t-elle ajouté.

Interrogée sur l'éventualité d'une disparition, à terme, de l'édition papier, Sophie Sachnine a jugé que "ce n'est pas quelque chose qui est envisageable à court terme, mais c'est quelque chose qui viendra".

Simon Tenenbaum avec BFMBusiness.com