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La "pépite" Ymagis rejoint l'indice Tech 40 d'EnterNext

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- - Après avoir accompagné la numérisation des salles de cinéma, Ymagis se développe dans les services (contenus, post-production).

Cette ETI cotée, spécialiste des technologies numériques pour le cinéma, intègre l'indice Tech 40 d'Enternext, rejoignant ainsi Showroomprivé, LDLC ou le groupe Gorgé. Un galon de plus pour Ymagis qui a relancé les laboratoires Eclair et leur technologie embellissant la couleur des films.

Aux côtés des grands du son et de l'image numérique que sont Dolby ou Sony, le groupe français Ymagis creuse son sillon. Créé en 2007 et en Bourse depuis 2013, ce spécialiste des technologies numériques pour le cinéma a reçu le label Tech 40.

Celui-ci permet à Ymagis de rejoindre l'indice Tech 40 d'EnterNext, soit 40 sociétés technologiques européennes emblématiques cotées à Paris, Amsterdam, Bruxelles et Lisbonne. Il se retrouve ainsi aux côtés des sites d'e-commerce Showroomprivé.com et LDLC, ou du groupe industriel Gorgé, qui se diversifie dans l'impression 3D. 

Ymagis a multiplié par quatre son activité depuis 2013

Fort de 700 salariés et présent dans 23 pays, Ymagis a multiplié par quatre son chiffre d'affaires depuis son introduction en Bourse en mai 2013. Il a affiché des ventes de 157,7 millions d'euros en 2015 (+4,8%), pour une perte nette de 0,6 million d'euros. Après avoir accompagné la conversion au numérique des salles de cinéma, l'ETI cherche de nouveaux relais de croissance dans les services au sens large.

Depuis l'automne 2016, il fait le pari du déploiement d'une technologie de rupture susceptible d'emmener le cinéma vers de nouveaux horizons industriels et artistiques. Le procédé EclairColor des laboratoires Eclair, rachetés par Ymagis alors qu'ils étaient en liquidation en 2015, révolutionne le traitement de l’image couleur en post-production mais nécessite un équipement spécifique des salles de cinéma.

La société a convaincu l'exploitant français Mégarama d'équiper 15 salles de cinéma avec le procédé EclairColor, s'ajoutant aux 47 salles déjà équipées (21 en France, 25 en Allemagne, une en Tunisie).

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- © La technologie EclairColor requiert un projecteur 4K, tels que ceux fabriqués par Sony Digital Cinema. Crédit photo: Eclair

Tout en continuant de développer son activité sur les services à valeur ajoutée, ce rachat a pesé sur ses résultats annuels. L'excédent brut d'exploitation (Ebitda) a reculé en 2016 de 10% à 48 millions d'euros, à cause de l'intégration en année pleine des activités de la société Eclair, et notamment les charges de personnel, explique Ymagis.

Ymagis se développe sur les activités de services

Une perte nette s'est même creusée en 2016, à 11,7 millions d'euros contre 0,6 million un an plus tôt, pénalisée par des dépréciations d'actifs, alors que le chiffre d'affaires a progressé de 13% à 178,2 millions d'euros.

Les ventes l'an dernier ont été soutenues par les acquisitions réalisées en 2015 et 2016. Les activités de services (108,7 millions d'euros) ont progressé de près de 30% et pèsent désormais plus de 60% du chiffre d'affaires.

La société française multiplie les acquisitions en Europe

C'est pour se renforcer dans ce domaine qu'Ymagis a multiplié les acquisitions. Le groupe français a noué un partenariat avec la société turque Omega Cinema Systems, afin de devenir le leader des services aux exploitants cinématographiques en Turquie. Selon les termes de l'accord une nouvelle société, CinemaNext TR, sera créée, dont le groupe Ymagis détiendra 51%. Début 2017, il a également racheté en Italie, pour son activité contenus, l'activité d’acheminement d'Open Sky concernant 400 longs métrages diffusés par an sous forme numérique auprès d'un réseau de 650 cinémas de la péninsule.

Dans ses perspectives, Ymagis indique vouloir engager "une nouvelle phase de croissance rentable", après une année marquée par l'intégration des récentes acquisitions. Le groupe vise en 2017 un retour à un Ebitda positif sur l'ensemble de ses pôles. Il renouvelle ses objectifs à moyen terme, visant d'ici 2020 une croissance annuelle moyenne des activités de services de 10% minimum, et une rentabilité avant impôt du groupe supérieure à 5%.

Enfin, le groupe français serait toujours en discussion avec le géant chinois China Film Co. Ltd. pour une éventuelle prise de participation minoritaire de ce dernier à son capital.

Frédéric Bergé